vendredi 27 février 2026

Du Côté de Chez Sam, par Sam Pierre

 

  • Jeffrey MARTIN
  • "Alive July 25, 2025" 
  • Avec Jeffrey Foucault, il partage le prénom. Avec John Prine, il partage un titre de chanson, Quiet Man (deux chansons différentes). Je vous avais dit grand bien de Jeffrey Martin en ces colonnes en août 2024 à propos de son album Thank God We Left The Garden. Si aujourd'hui je cite Jeffrey Foucault et John Prine, c'est qu'il partage avec eux au moins deux autres choses: une discographie où il n'y a rien à jeter et une capacité à se produire en public, seul avec sa guitare (même si sur cet enregistrement, Sam Weber, est à la deuxième guitare) et à communier avec son public, qu'il manie l'humour ou l'émotion. Cet album en public, son premier, à été enregistré au Showdown, à Portland, Oregon, sa terre d'adoption. Il est riche de seize chansons dont au moins une composition originale (1519) et une reprise (Out On The Weekend de Neil Young). On trouve des chansons récentes (Quiet Man, Red Station Wagon, Garden, There Is A Treasure), d'autres plus anciennes Gold In The Water, Galveston. L'oreille s'attarde sur The Middle, Wellspring, Thief And A Liar ou Billy Burroughs mais dès le premier titre, I Know What I know, on sait qu'on va passer un bon moment (près de quatre-vingt-dix minutes), en toute intimité, avec un des meilleurs songwriters du siècle présent.

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George MANN and Mick COATES

"Ghosts Of The Old West" 

C'est le violon enlevé de Tim Ball sur For The West qui donne le ton, très country, dès les premières notes d'un album qui a pris naissance chez Mick Coates au Maldon Folk Festival en Australie, auquel George Mann participait. L'idée d'enregistrer ensemble a vite pris forme et le titre du disque, Ghosts Of The Old West, a été trouvé, George suggérant à Mick que chacun écrive une chanson du même titre (pour éviter la confusion, la composition de Mick est titrée The Ghosts Of The Old West). George Mann est un chanteur et auteur-compositeur issu du mouvement folk, celui de Woody Guthrie ou Pete Seeger, Utah Phillips ou Tom Paxton, très investi dans le syndicalisme, comme sa discographie peut en témoigner. Mick Coates, avec sa voix plus basse, excelle dans les chansons de cowboy ou les reprises de Johnny Cash. Ce qui est intéressant ici, c'est le contraste des voix, qui ne nuit nullement à la cohérence de l'ensemble. On trouve quatre compositions de George (For The West, Ghosts Of The Old West, They Call Her Dolly Parton, 'Til The Cows And 'Roos Come Home) et trois de Mick (That Sweet Plaintalkin' Country Girl, In Irons From Limerick City, The Ghosts Of The Old West). Il y a aussi quatre reprises. Pour commencer par les plus connues, il y a d'abord The Reverend Mr. Black, chanté par GeorgeMick intervient à la manière de Johnny Cash pour entonner "You gotta walk that lonesome valley". On pense encore au Man in Black pour l'autre reprise marquante, Ira Hayes, de Peter LaFarge). Je ne ferai pas l'impasse sur Anymore (écrit par Harry Stamper, syndicaliste et musicien) où l'on retrouve George Mann dans un registre proche de ses reprises de Woody Guthrie, ni sur Lonesome Plains écrit par une amie australienne de Mick, Charlotte Buckton. Un mot aussi sur les musiciens qui, à défaut d'avoir des noms qui résonnent, démontrent un talent certain. Je nomme Tim Ball (déjà cité, au violon), Rich DePaolo guitares, harmonies), Molly MacMillan (claviers, harmonies), Michel Wellen (batterie), Dave Davies (contrebasse, harmonies), Doug Robinson (basse électrique), ou encore les chanteuses Alice Saltonstall et Elbonee Stevenson. Toutes et tous contribuent à faire de Ghosts Of The Old West un disque qui réjouira les amateurs de folk et ceux de country, les fans de Woody Guthrie et ceux de Johnny Cash (qui peuvent être les mêmes).


 

 

Sam LEWIS

"Everything's Fine" 

Pour ceux qui suivent, j'avais chroniqué l'album Solo de Sam Lewis dans Le Cri du Coyote (n° 164, version papier). Puis, dans ces colonnes, en février 2022, ce fut le tour de Harley Kimbro Lewis (self-titled produit par Joe McMahan) avec Martin Harley et Daniel Kimbro. En 2024, Sam a publié Superposition, un peu passé inaperçu, avant de nous offrir cet opus d'excellente facture, Everything's Fine, produit une nouvelle fois par Joe McMahan à qui Sam avait fait écouter ses nouvelles compositions en janvier 2025. Joe est connu pour avoir travaillé avec des artistes aussi nombreux et divers que Stephen Simmons, Freedy Johnston, Kevin Gordon, Justin Townes Earle, Allison Moorer, Paul Burch, Sarah Siskind, Jeff Finlin, Gwil Owen, Jon Byrd, pour n'en citer que quelques-uns. Il a apporté son expertise instrumentale (guitares, claviers, percussion, dulcimer, pedal steel, basse, synthétiseur) aux dix compositions et co-compositions de Sam. Chris Carmichael ajoute des cordes sur Everything's Fine, JT Cure est à la basse et Derek Mixon à la batterie sur ce même titre et sur Making It Up. Le disque commence avec Chase The Moon et son introduction un peu planante avant que l'on retrouve le songwriter que l'on aime avec ses mélodies qui accrochent, son jeu de guitare au picking délicat et sa voix pleine de chaleur. I know se poursuit dans la même tonalité tranquille avant le morceau titre, à l'orchestration plus fournie. On notera encore un instrumental, Lischey's Retreat (du nom du chat de Sam) où Joe McMahan est au dulcimer des montagnes, ou encore les excellents Nothing Could Break Up Apart et I'll Never Be Enough For You, ainsi que The Light, un duo avec la chanteuse Judy Blank. Making It Up est avec My Life Living Me le titre le plus rock de l'album qui se termine avec une reprise, Three Country Highway des Indigo Girls (Amy Ray & Emily Saliers), unique titre où Sam est seul avec sa voix et sa guitare. Everything's Fine, mélodique et lumineux, confirme que Sam Lewis fait partie des trésors cachés américains.


 

 

Emily Scott ROBINSON

"Appalachia" 

Appalachia est le quatrième LP d'Emily Scott Robinson auquel on peut ajouter deux EP dont un live. Son label, Oh Boy Records créé par John Prine, est un gage de qualité. La voix d'Emily, pure et fragile à la fois, nous envoûte dès Hymn For The Unholy, tout un programme, avec ces mots: "je pense que les dieux rient avec nous, je pense que les étoiles sont de notre côté", et tant pis pour ceux qui aspirent à la sainteté! C'est ensuite le fiddle de Duncan Wickel qui introduit Appalachia avant un Sea Of GhostsEmily nous dit: "si tu cherches dans une mer de fantômes, je suis la fille qui porte du rouge". Cast Iron Heart, co-écrit avec Lizzy Ross est un duo avec John Paul White et un des moments forts de l'album, tout en émotion. Time Traveler évoque le vieillissement et le déclin cognitif d'une personne de 89 ans, la chanson est à la fois déchirante et pleine d'optimisme, elle touchera tous ceux qui ont été confrontés, de près ou de loin, à la maladie d'Alzheimer. Dirtbag Saloon, à tous points de vue, est une chanson country, avec les harmonies de Lizzy Ross, avant un Bless It All très dépouillé et d'une dimension quasi religieuse. Puis vient The Time For Flowers, l'espoir après une catastrophe ("Le temps pour les fleurs reviendra / Peut-être dans un an, peut-être dans dix / Il y a des jours où le désespoir vaincra / Mais le temps pour les fleurs reviendra"). Le classique The Water Is Wide est parfaitement dans la continuité du titre précédent, avec la voix de Duncan Wickel. C'est la seule composition non originale de disque qui se termine avec The Fairest View, introduit par l'harmonica d'Harmonica Jerry qui donne à ce titre une tonalité différente du reste de l'album, avec la voix d'Emily, doublée par celle de Lizzy Ross, qui va crescendo jusqu'au refrain final: "Et les cloches de l'église sonnent / Et vos sœurs chantent / Et les fiddles et la forêt / Et les créatures sont le chœur". Ce bien bel album a été produit par Josh Kaufman qui assure en plus la majorité de l'instrumentation (orgue, basse, guitare acoustique, guitare hi-string, guitare électrique, guitare à cordes nylon, guitare ténor, guitare douze cordes, dulcimer, harmonium, mandoline, percussion). Comme j'ai cité les autres participants, je n'omettrai pas Annie Nero (contrebasse) ni Otto Hauser (batterie et percussion). 


 

 

Andy COHEN + Eleanor ELLIS + William Lee ELLIS

"Whistlin' Past The Graveyard" 

Andy Cohen, Eleanor Ellis et William Lee Ellis sont des vétérans de la scène acoustique américaine, dont le domaine regroupe des territoires old-time, blues, gospel, ballades, ragtime et country. En 1993, ils avaient déjà publié sur cassette (rééditée en 2005 sur CD) un projet commun titré Preachin' In The Wilderness. Après avoir déroulé leurs carrières respectives, il reviennent avec Whistlin' Down The Wire (titre emprunté à une chanson de Tom Waits) riche de vingt-et-un titres dont cinq compositions originales (quatre de Bill Ellis et une d'Andy Cohen). Les trois chantent et jouent de la guitare. Bill y ajoute la steel guitar, la slide et la 12 cordes, et Andy la mandole, la dolceola (sorte de cithare à clavier) et le piano. Le disque commence avec le traditionnel Columbus Stockade et, au fil des plages, on croise Gene Autry et Hank Snow (Do Right Woman), Blind Arthur Blake (Police Dog Blues), Blind Lemon Jefferson (Shuckin' Sugar), Steve Earle (South Nashville Blues), Gary Davis et Scott Joplin (Make Believe Stunt), Furry Lewis (I Will Turn Your Money Green), Charlie Patton (I'm Goin' Home), Henry Thomas (Red River Blues). Williams Lee Ellis rend hommage à deux de ses influences dans ses compositions: Memphis Minnie And Me et Handful Of Frets (For Fats Weller). Cette énumération en dit beaucoup sur le contenu de l'album mais seule son écoute permet de resentir le plaisir partagé par les trois artistes.

 

Brock DAVIS

"Nothing Lasts Forever" 

J'avais beaucoup apprécié les deux premiers albums de Brock Davis, A Song Waiting To Be Sung (2022) et Everyday Miracle (2024). C'est donc avec une certaine impatience que j'attendais Nothing Lasts Forever, troisième opus du songwriter élevé non loin de Vancouver et désormais établi à Santa Cruz en Californie. C'est un disque riche de quatorze titres (tous écrits par Brock dont trois en coécriture) enregistré avec Zach Allen à Nashville. Accompagnant la voix et le piano de Brock, on trouve PatMcGrath (guitare acoustique et mandoline), Justin Ostrander (guitare électrique), Duncan Mullins (basse), Marcus Finnie (batterie), Russ Pahl (pedal steel), Michael Hicks (claviers), Trey Keller, Tania Hancheroff et Drea Albert (voix). Ces présentations faites, on peut écouter tranquillement Nothing Lasts Forever, un disque qui sent le vécu, le songwriter nous faisant partager des moments de sa vie marqués par l'amour et la rupture, la perte d'êtres chers, la famille. Le disque oscille en permanence entre folk, rock et country, entre chansons calmes et titres plus électriques. Ce qui cimente l'ensemble, en dehors de l'interprétation, c'est la qualité et la sincérité de l'écriture, sensible dès le vibrant All Of You (écrit par Brock pour sa femme: "Nous avons traversé beaucoup de choses ensemble, chaque jour je te connais mieux") et se poursuivant sur une tonalité différente et plus mélancolique avec Nowhere Near Ready, à propos d'un amour de jeunesse. I'll Be Your Alibi, Nothings Lasts Forever, Laughin' Til You Hurt, One Paycheck Away, sont des titres rocks alternant avec des ballades plus acoustiques: My Beautiful Bride, I'm Glad You Left Me, Miracle On The Hudson (inspiré par un fait-divers aéronautique célèbre), Make Your Own ChanceBrock nous dit, sans pour autant s'apitoyer sur lui-même: "mon monde s’est effondré, et je me suis effondré si violemment". Beaucoup de ces titres comportent une bonne part autobiographique comme Daddy's Girl où l'artiste nous peint à la fois le bonheur et la difficulté d'être père. Vient ensuite le nostalgique Christmas (Going Home) qui raconte un retour à la maison, à Noël, après une longue absence, dans un Greyhound bus. Le morceau de clôture, A Daughter, mi-parlé, mi-chanté, est lui aussi autobiographique, Brock Davis narrant des souvenirs d’enfance vivaces, notamment la découverte d’une sœur aînée après le décès de sa mère. Nothing Lasts Forever est un album riche et sensible dont la chaleur est communicative en cette fin d'hiver. 


 

jeudi 12 février 2026

Du Côté de Chez Sam, par Sam Pierre

 

Sky SMEED

"Live At The Rock House" 

Live At The Rock House est le dixième album de Sky Smeed. De Flying High (2002) à True Love (2020), il a effectué, à ce que je peux en juger, un parcours sans faute. À l'exception de Cry Like A Baby (Katie West) et Speed Of The Sound Of Lonelisess (John Prine) il n'a interprété sur ses albums en studio que ses propres compositions. C'est dire qu'il y a beaucoup à découvrir. Son nouvel opus permet de le découvrir, seul avec sa guitare et le public dans une petite salle de Reeds Spring, Missouri, en janvier 2025. Il interprète une majorité de nouvelles compositions avec quelques-unes de ses favorites comme Lunker Bass ou Without Music. Et puis il y a une reprise, Don't Think Twice, It's Alright, de qui vous savez. On découvre ainsi un artiste, particulièrement décontracté dans ce contexte, qui sait aussi bien faire sourire (Good Luck, Chicken On The Tree) qu'émouvoir (I Don't Know What To Do). Les premières notes du disque, sur Hanging On, donnent le ton et l'on comprend vite qu'on a affaire à un songwriter de premier plan qui sait redonner au folk, ou plus largement à la musique acoustique, ses lettres de noblesse. Tout y est: textes, mélodies, jeu de guitare, voix, auxquels s'ajoute un réel sens de l'humour. Un titre comme Smoke And Spice (qu'il qualifie de barbeque personal ad song) ne ressemble à aucun autre et sur Nine To Five, inspiré par une chanson de Johnny Paycheck, on pense irrésistiblement à John Prine. Certains ont comparé Sky Smeed à Todd Snider ou Paul Thorn pour son aisance face au public mais pour moi, appelez le Sky Smeed, tout simplement, et retenez bien ce nom.


 

 

Grant PEEPLES

"Code To Live By" 

Le code selon lequel vit l'indomptable Grant Peeples n'est pas celui de l'Américain moyen. Depuis son premier album publié en 2007 (et qu'il a renié depuis), l'homme n'en a fait qu'à sa tête, et c'est heureux. Il commence Code To Live By avec Sunshine State, une reprise de son premier album (qui est en fait le deuxième) qu'il a ici enregistré avec un jug band. Après le long et lancinant Little Island, écrit pour son ancienne épouse à propos de leur vie au Nicaragua, où le saxophone baryton de Joe Goldberg se distingue, il poursuit par un titre parlé, The Ledger, avec juste sa voix et le B3 de Danny Goddard, producteur du disque. Dès les premiers mots, on sait que ce titre ne sera pas diffusé dans le bureau ovale! Grant varie encore les ambiances avec deux reprises, Slouching Towards Bethlehem d'Eliza Gilkyson et Some Times, écrit par Mary Gauthier et Vince Gill. Sins Of The Fathers est une chanson que le songwriter avait commencé à écrire il y a une quarantaine d'années au moment de l'intifada en Palestine et qu'il a terminée récemment, après quelques dizaines de milliers de morts supplémentaires. Something Else est une chanson d'amour auquel le cor anglais de Tarre Nelson confère une ambiance particulière. Suit un titre composé par Danny Goddard, Right This Time, où Danny joue tous les instruments (steel guitar, guitares électriques et acoustiques, percussion) avant An Artist Looks At 80, juste Grant et sa guitare, chanson écrite pour un artiste de Tallahassee, Jimmy Roche, à l'occasion de ses 80 ans. Du folk classique, mélodique et sensible, comme on l'aime. L'ambiance est totalement différente avec le morceau-titre qui conclut l'album. C'est une chanson introspective, où Grant parle, accompagné par un quartette de jazz et la voix de Therese Whichello. Grant Peeples fait partie de ces artistes, malheureusement trop souvent inaudibles, qui font que l'on aime les USA malgré tout. Code To Live By est paru sous forme d'un livret avec les textes, les histoires derrière chaque titre et treize poèmes. Le prix est malheureusement prohibitif pour nous, pauvres Européens. 


 

 

Eric BRACE & Thomm JUTZ

"Circle And Square" 

Eric Brace et Thomm Jutz symbolisent parfaitement les États-Unis que l'on aime et que certains voudraient voir disparaître, celle de la liberté d'art et de parole, mais aussi celle qui s'est enrichie de l'immigration. Le père d'Eric était un Français qui avait traversé l'Atlantique après la seconde guerre mondiale. Quant à Thomm, chacun connaît désormais le parcours de ce jeune Allemand qui a poursuivi un rêve qui l'a mené jusqu'à Nashville où il est devenu une référence, même pour les Américains. Après quatre albums en duo d'Eric avec Peter Cooper, puis deux en trio avec Thomm, la disparition tragique de Peter a marqué un coup d'arrêt jusqu'à ce que Eric et Thomm ne reviennent en duo avec Simple Motion an 2023. C'est aujourd'hui Circle And Square que nous proposent les deux hommes, entourés de Finn Goodwin-Bain (piano), Mark Fain (basse) et Lynn Williams (batterie). Sept des dix titres ont été coécrits par les deux hommes. Nothing Hurts est l'œuvre d'Eric seul et Thomas Hart Benson a été écrit par Thomm avec Shawn Camp. Life Of The Mind a une histoire: le texte, terminé le 27 décembre 2022 par Thomm et Peter, et mis de côté, a été inspiré par les nombreuses visites que les deux hommes avaient rendues à Tom T. Hall, disparu en 2021. Plus tard, Thomm a demandé à Eric d'écrire une musique ce qui nous permet d'entendre une chanson où l'esprit des deux amis disparus ajoute une dimension émotionnelle supplémentaire. De 10 To 4, inspiré par la vue de la mer à Amsterdam lors d'une tournée européenne, à Wide Open, inspiré par "Cowboy" Jack Clement dont le studio était toujours ouvert à de nouvelles idées, Circle And Square déroule paisiblement ses mélodies, avec deux voix complémentaires et un savoir-faire instrumental qu'il n'est plus besoin de vanter. Parmi les titres les plus remarquables, je citerai Thomas Hart Benton (responsable d'une peinture murale au Country Music Hall of Fame et Museum à Nashville, Diego In Detroit (Diego Rivera, autre peintre, Mexicain et époux de Frida Kahlo), Nothing Hurts, né de la première phrase d'une chanson de la Carter Family, ou encore Fontana Dam. Et puis il y a On The Back Of A Horse qui évoque le Pack Horse Project qui, à partir de 1935, avait permis pendant huit ans de fournir des livres à plus de cent mille personnes isolées dans les Appalaches, essentiellement dans le Kentucky Rural. C'était sous Franklin Delano Roosevelt, bien loin de la politique culturelle de l'actuel locataire de la Maison Blanche.


 

 

Matt PATERSHUK

"Dog. Tiger. Horses." 

J'avais déjà eu l'occasion de présenter Matt Patershuk avec ses précédents albums, If Wishes Were Horses (Le Cri du Coyote 163) et An Honest Effort (Le Cri du Coyote 163). Dog. Tiger. Horses., toujours produit par le multi-instrumentaliste Steve Dawson (guitares acoustiques et électriques et pedal steel sur tous les titres), le songwriter de La Glace, Alberta s'est entouré sur huit des dix titres, outre Steve Dawson, de trois musiciens prestigieux, Jay Bellerose (batterie et percussion), Jeremy Holmes (basse) et surtout Tim O'Brien (guitare, mandocello, mandoline, fiddle, banjo et harmonies). Sur le titre le plus rock de l'album, Good Road, on croise Fats Kaplin (fiddle et mandoline), Dave Jacques (basse) et Justin Amaral (batterie) alors que sur le bluesy Tiger Plays The Saxophone, c'est Mike Bub qui tient la basse. Pour être complet, j'ajouterai que Ruth Moody est aux harmonies sur Good Dog et Ana Egge sur Cutlass Supreme. Dès le premier titre, le chaloupé Samson & Delilah (Circa 2003), on est captivé par la qualité du disque. Matt sait nous tirer des larmes avec Good Dog (un bon chien est difficile à trouver), Brown Pony ou Please Don't Say A Thing. Fast Car est une belle balade country, Usherville, plus enlevé, avec une superbe partie de mandoline évoque l'histoire familiale. Ce qui frappe à l'écoute, c'est le timbre de voix de Matt, plus grave et plus rauque qu'auparavant. On n'est pas loin de Tom Waits sur Tiger Plays The Saxophone. Le tigre est là, le chien aussi, quant aux équidés ils se manifestent avec Blown Horses et Brown Pony. Il est aussi question de voitures avec Fast Car et Cutlass Supreme. On retrouve donc toute l'imagerie qui pourrait faire un bon disque de country music mais Dog. Tiger. Horses. est plus que cela: c'est un excellent disque (le sixième) de Matt Patershuk


 

 

Melissa CARPER & Theo LAWRENCE

"Havin' A Talk" 

Imaginez, il y a cinquante ans, que Loretta Lynn et Eddy Mitchell (par exemple) envisagent d'enregistrer un album de duos country ensemble. Cette hypothèse hautement improbable nous aurait bien fait sourire. C'est pourtant ce que nous proposent aujourd'hui Melissa Carper (from Arkansas) et Theo Lawrence (de Paris). Tous deux installés aujourd'hui à Austin, Texas, il se sont découvert un amour commun pour la country music, le western swing et le songwriting traditionnel. Ils ont donc commencé à harmoniser et à écrire ensemble, sans pression, jusqu'à nous proposer un album complet, Havin' A Talk, riche de douze titres originaux. Deux des acolytes habituels de Theo sont présents: Thibaut Ripault (guitare électrique) et Bastien Cabezon (batterie) alors que du côté américain on trouve Chris Scruggs (steel guitar et guitare acoustique), Billy Contreras (fiddle), Emily Gimble (piano), Kevin Smith (contrebasse) et Matty Meyer (batterie). Et puis il y a les voix de Melissa et Theo qui se complètent parfaitement dans un esprit de partage, chacun des deux laissant à l'autre l'espace nécessaire pour s'exprimer pleinement. Le décor étant posé, il suffit de lister quelques titres pour entendre l'album avant de l'avoir écouté: Thank You But Not Thank You, Good Luck To You, The Way I Remember You, All Fifty States (with you), The Last To Know, What Are You Doing After This, You're Forgiven My Love… Sublimé par les talents, notamment mais pas seulement, de Chris Scruggs et Billy Contreras, Havin' A Talk est un grand et bel album de duos country, celui qui m'a le plus touché depuis For Better, Or Worse de John Prine il y a près de dix ans.


 

 

Nico CHONA

"Sometimes The Tears" 

Nico Chona alias Nicolas Chonageokoff est un artiste complet. Jugez-en vous-même. Il a enregistré (à Annecy) et produit l'album, écrit tous les titres, assuré tous les vocaux et instruments. Il y a juste en plus des harmonies vocales (Catherine Chona) sur quatre titres. Quant au mixage (Bill Mims) et au mastering (Gavin Lursen), ils ont été réalisés à Los Angeles. Nico est tombé dans la musique tout petit, baigné dans une ambiance familiale musicale, avec un père guitariste et une tante (Shona) chanteuse. Il a débuté, tout petit, par la batterie. Puis a appris la guitare en autodidacte, s'inspirant d'artistes blues et southern rock essentiellement. À son palmarès, il a notamment deux albums avec son groupe The Freshtones ainsi que la cocréation et la présentation de la chaîne YouTube Tone Factory. Voilà pour les présentations. Sometimes The Tears est le titre de son nouveau disque et celui de la chanson qui l'ouvre. Si les premières notes sont celles d'une guitare acoustique, l'album bascule vite vers le blues-rock. On comprend vite quelles sont les influences de Nico: du Chicago blues à ZZ Top, des Allman Brothers à Eric Clapton, mais sans que ces influences ne gomment la personnalité de Nico qui, outre ses talents de guitariste, se révèle un chanteur inspiré et plein d'âme. Il déroule ses titres avec une forme de nonchalance qui sied bien au genre. Lilly Honey, 7th Avenue (instrumental), Dancing In The Rain (avec un solo de guitare final majestueux), Burning Darkness, Silver Highway, tout s'enchaîne sans effort et pénètre jusque dans les veines de l'auditeur. On arrive ensuite à Love Me Everyday, un folk-blues acoustique du meilleur tonneau. Avec Montana, c'est un nouveau festival de guitares en tous genres avant Drop Me In The River puis Westwood Nocturne, un second instrumental à l'atmosphère… nocturne. George conclut Sometimes The Tears en douceur, avec la voix de Nico évoquant celle de Clapton avec Derek & The Dominos, une belle façon de prendre congé en attendant de nouvelles aventures de Nico Chona qui est pour moi une des belles révélations du moment. 


 

jeudi 29 janvier 2026

Bluegrass & Co., par Dominique Fosse

 

TRAVELIN’ McCOURYS

"One Chord That Rings True" 

Cri du 💚    

Quand, en raison de son âge, Del McCoury (86 ans aujourd’hui) a décidé de réduire les tournées, les membres de son groupe (ses fils Ronnie et Rob, le fiddler Jason Carter et le contrebassiste Alan Bartram) ont décidé de se produire sous le nom des Travelin’ McCourys. Ils se sont fait accompagner par différents guitaristes avant d’adouber Cody Kilby comme cinquième membre du groupe. One Chord That Rings True est leur second album et marque la fin d’un cycle puisque Carter (qui joue avec la famille McCoury depuis 1992) a décidé de quitter le groupe pour des projets personnels (il est actuellement remplacé par Christian Ward). Ce qui frappe en premier lieu à l’écoute de One Chord That Rings True, c’est la qualité des arrangements. Les Travelin’ McCourys jouent certains morceaux depuis plusieurs années et ils ont eu tout loisir d’affiner leur jeu. Entre accompagnement inventif, back up ciselé et solos et duos prolongés (White Wheeled Limousine dure plus de huit minutes), les arrangements proposés par le groupe sont réellement remarquables. Comme dans le premier album (Le Cri du Coyote 158), il y a une belle collection d’intros de guitare. Vocalement, les Travelin’ McCourys peuvent compter sur trois chanteurs très différents. Ronnie McCoury a une voix proche de celle de son père, bien mise à profit sur une chanson de train typique du bluegrass (Runaway Train qu’il a coécrite avec Del et Pat McLaughlin) et Passin’ Thru tiré du répertoire de Johnny Cash. La filiation avec Del est moins évidente dans la reprise de 50 Ways to Leave Your Lover de Paul Simon mais les Travelin’ McCourys l’ont très bien adaptée à une orchestration bluegrass. Trois chansons sont interprétées par Alan Bartram, une voix plus douce qui incarne la partie plus moderne du bluegrass, notamment dans Blue Letters. Jason Carter a un registre de baryton très séduisant. Il chante White Wheeled Limousine de Bruce Hornsby qui est le morceau de roi de cet album avec des parties instrumentales prolongées, notamment une belle envolée de fiddle et de l’écho sur le break de mandoline qui permet à Ronnie McCoury de sonner comme Sam Bush. J’ai trouvé l’interprétation de Jason Carter encore plus prenante dans Why Do I Feel Like Running, un tempo très rapide où les solos (mandoline, guitare) sont une nouvelle fois très impressionnants. Les trois chanteurs interprètent en trio Daydreamer, une composition des Gibson Brothers et de Ronnie Bowman. L’album s’achève avec un titre festif, ambiance kermesse de la bière serait-on tenté d’écrire puisqu’il s’agit de la valse I Like Beer de Tom T. Hall, chantée par Rob McCoury qui n’est pas coutumier du fait mais s’en sort très bien dans un arrangement où s’invitent une batterie, une pedal steel et des chœurs (kermesse de la bière, je vous dis). Très bel album.


 

 

Woody PLATT

"Far Away From You"

 En 2022, Woody Platt, guitariste et chanteur des Steep Canyon Rangers, a quitté le groupe après plus de vingt années d’activité (et de succès). Far Away From You est son premier album solo. Sept titres ont été enregistrés avec les musiciens avec lesquels il a tourné ces derniers mois souvent sous le nom des Bluegrass Gentlemen (Casey Driessen, fiddle; Barry Bales, contrebasse; Daren Shumaker, mandoline et Bennett Sullivan, banjo) et trois autres avec Jerry Douglas, dobro, Rob McCoury, banjo, Jason Carter, fiddlle, et toujours Bales et Shumaker. On connait bien la voix de Woody Platt, immédiatement reconnaissable après la quinzaine d’albums qu’il a enregistrés avec les Steep: claire, tranchante, puissante à l’image de sa haute stature. Elle domine les dix chansons, secondée par l’harmonie vocale de Buddy Melton (Balsam Range), Tim O’Brien ou de son épouse Shannon Whitworth avec qui il se produit régulièrement (Woody avait quitté les Steep pour se rapprocher de sa famille). Il y a aussi un titre en duo avec Del McCoury, Broke Down Engine, un blues de Blind Willie McTell bien adapté en bluegrass avec l’aide de Bryan Sutton à la guitare. Platt a repris deux autres chansons éloignées de l’univers bluegrass. La première est Beautiful War du groupe rock Kings of Leon. Les instruments bluegrass ont su conserver l’esprit de l’original avec une rythmique intense sur laquelle surfe la guitare Weissenborn de Darrell Scott. L’autre est Still Be Around du groupe americana Uncle Tupelo (Jay Farrar et Jeff Tweedy). Platt a gardé l’esprit dépouillé de l’original, le chant se détachant sur un picking de banjo. Il n’a écrit qu’une seule chanson pour Far Away From You, Walk Along With Me, un excellent titre interprété avec beaucoup d’intensité. C’est une des deux chansons qu’il chante avec Shannon, son épouse, l’autre étant une composition de cette dernière, Off The Sea, très bien jouée par Sullivan, Shumaker et Sam Bush au fiddle (il y a décidément du beau monde sur ce disque). Presque tous les tempos sont rapides à l’instar de Long Time Coming (bluegrass typique), Like The Rain Does (avec une magistrale partie de dobro de Jerry Douglas) et l’excellent Toe The Line où c’est cette fois Casey Driessen qui s’illustre. Far Away From You est un très bon album de bluegrass contemporain qui plaira notamment à ceux qui trouvent que les derniers albums des Steep Canyon Rangers s’éloignaient trop des standards du genre. 


 

 

Tim O’BRIEN and Jan FABRICIUS

"Paper Flowers" 

Tim O’Brien et Jan Fabricius vivent ensemble depuis 2010. Ils se sont mariés en 2021. Dans ses interviews, Tim O’Brien déclare souvent avoir beaucoup de plaisir à partager sa vie avec quelqu’un qui est (aussi) un partenaire musical. Jan a commencé par chanter certaines harmonies vocales sur les albums de Tim à partir de Pompadour, en 2015. Puis elle est devenue mandoliniste du Tim O’Brien Band, chantant quelques titres en lead et ils se sont mis à composer ensemble. Quatorze des quinze chansons de Paper Flowers sont le fruit de cette coécriture qui est le plus souvent un travail à trois puisque douze sont cosignées avec Tom Paxton. Tim en chante neuf, Jan en interprète deux et ils se partagent le lead sur les quatre derniers. Une répartition qui n’est certes pas égalitaire mais qui semble raisonnable, à la mesure des talents de chacun. La plupart des chansons sont inspirées par la vie de couple de Tim et Jan. Peu de préoccupations sociales et environnementales par rapport aux précédents albums de Tim, ce qui est un peu surprenant (et pour moi décevant) puisque la majorité des titres est coécrite avec Paxton qui a à son actif quelques protest songs mémorables. Tim (guitares surtout mais aussi bouzouki et fiddle) et Jan (mandoline) sont principalement accompagnés par Shad Cobb (fiddle), Mike Bub (basse), Justin Moses (dobro), Mike Rojas (claviers) et Larry Atamanuik (drums). Ce n‘est pas le meilleur album de la discographie de Tim O’Brien mais il n’a rien de désagréable (Jan Fabricius n’est pas Yoko Ono). Trois chansons sont franchement réussies. Deux sont des swings, un genre dans lequel Tim excelle depuis ses débuts (l’album Guess Who’s in Town en 1977), Atchinson, très bonne chanson qui ouvre l’album, et Lonesome Armadillo qui conte avec humour les mésaventures d’un tatou qui n’a pas réussi à faire carrière à Nashville et n’a même jamais rencontré Mike Bub! La troisième est Covenant, la seule chanson ayant un sujet sociétal, à propos d’un massacre dans une école en 2023. Émouvant et bien écrit même si ça ne vaut pas le magnifique Johnny Got A Gun écrit par Tom Paxton il y a plus de 30 ans sur le même thème. Sinon, Father of the Bride est un boogie sympa. This Gal of Mine a un texte humoristique mais je ne trouve pas que Jan Fabricius chante bien sur ce titre. Elle est meilleure dans Down to Burn, une virée entre filles qui a l’arrangement le plus pop de l’album avec Tim à la guitare électrique et des chœurs féminins. Fat Pile of Puppies chanté par Tim et arrangé autour du piano et I Look Good in Blue interprété par Jan sont les autres chansons qui ressortent de Paper Flowers.


 

 

Seth MULDER & MIDNIGHT RUN

"Coming On Strong"

J’avais bien aimé In Dreams I Go Back, le précédent album de Seth Mulder & Midnight Run (cf. janvier 2023). J’avais comparé la voix de Mulder à celle de Dudley Connell et il doit bien y avoir une filiation car c’est ce dernier qui coproduit Coming On Strong (avec Ken Irwin, cofondateur de Rounder Records). Du groupe qui a enregistré In Dreams I Go Back, il n’est resté que Mulder (mandoline) et Colton Powers (banjo) pour graver Coming On Strong, mais depuis la sortie de l’album, Powers a rejoint deux autres anciens membres de Midnight Run (Ben Watlington et Max Etling avec qui il avait fait ses études à ETSU) pour former Bays Mountain Cut-Ups. On leur souhaite bonne chance mais ils auront des difficultés pour trouver un chanteur de la qualité de Seth Mulder, à la voix d’une rare souplesse dans l’aigu (dans le style de Lester Flatt ou Dudley Connell). Mulder interprète superbement sept des onze chansons de Coming On Strong. Elles offrent une belle variété. La seule composition de Mulder, Looking Past the Pain a un côté western très séduisant dans les harmonies vocales (le sous-titre de la chanson est The Cowboy Song). Heartbreak Express est une chanson country des années 50 en passe de devenir un semi-classique du bluegrass après les versions de James King, Kenny & Amanda Smith et Grasstowne. Il y a une autre adaptation d’une chanson country, I’ll Be There If You Ever Want Me de Ray Price, avec une interprétation très dynamique de Mulder. Coming On Strong qui a donné son titre à l’album bénéficie d’une intro au banjo avec les Keith pegs (Colton Powers les utilise aussi largement dans son instrumental Church Hill Special). Mulder reprend aussi Rock of Ages, gospel de Gillian Welch, avec un bon duo vocal avec Powers sur le refrain. Si Filgarry’s Glen a des sonorités celtiques, c’est que cette chanson évoque l’île de Skye. Pas de bon disque traditionnel sans une chanson de train: l’album s’achève sur la reprise de Old Reuben n°1 de Don Stover avec un banjo joué staccato et de bons solos de Mulder et Max Silverstein (fiddle). En plus de l’instrumental de Powers l’album comprend quatre chansons interprétées par d’autres membres de Midnight Run. Le guitariste Tyler Griffith chante sa composition Mountain Bill et Rider of the Orphan Train dont la mélodie rappelle beaucoup Banks of the Ohio. Cotton Powers chante deux valses, Bells of Every Chapel (un des premiers succès de Sierra Ferrell), particulièrement bien accompagnée et une grosse surprise, un titre de Motorhead, 1916. C’est en fait un des rares morceaux de Motorhead qui ne soit pas du hard rock (l’original est également une valse). Pas mal chanté par Powers mais la légèreté de son interprétation ne me semble pas vraiment convenir à une chanson qui raconte la mort des soldats au front pendant la première guerre mondiale. L’ensemble de Coming On Strong s’écoute avec plaisir (tous les musiciens jouent bien et les harmonies vocales sont impeccables) mais ce sont les sept titres interprétés par Mulder qui en font vraiment l’intérêt. 


 

 

FROM THE DIRT

"Colored Edge of Memory" 

From the Dirt est un quartet du Maryland mené par le guitariste et chanteur Dan Kerry. Il a écrit et il interprète les dix chansons de Colored Edge of Memory, deuxième album du groupe. Il a un timbre très plaintif, au point que le chant semble souvent mal assuré. Il est épaulé en harmonie vocale par Megan Leigh. Ils sont accompagnés par Jeff Kahn (mandoline) et Eddie Dickerson (fiddle). La moitié des titres sonne folk. Trois chansons sont rendues bien bluegrass avec l’apport d’un bassiste et du banjoïste Rick Lafleur qui était membre des Grass Cats il y a une dizaine d’années. La valse White Mountains a aussi une rythmique bluegrass mais sans l’apport du banjo. Color Edge of Memory s’achève sur un autre titre bien rythmé, Trick of the Dark, avec piano et batterie.