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lundi 2 décembre 2024

Du Côté de Chez Sam, par Sam Pierre

 

Ags CONNOLLY

"Your Pal Slim: The Songs Of James Hand" 

Qui est plus légitime qu'Ags Connolly pour faire connaître les chansons de James Hand? Personne sans doute, du moins sur le continent européen. Alex "Ags" avait vu James "Slim" pour la première fois en concert à Londres après la sortie de l'album de ce dernier The Truth Will Set You Free! Au fil des années, Ags a revu James à Londres, puis à plusieurs reprises à Austin, à écrit la chanson I Saw James Hand et les deux hommes ont fini par devenir amis, se promettant même d'écrire ensemble. Hélas, James, né le 7 juillet 1952 (le même jour que Sammy Walker, pour ceux qui le connaissent) à Waco, Texas, est décédé dans cette même ville le 8 juin 2020 peu avant d'atteindre 68 ans. James Hand était un peu l'incarnation de ce qu'aurait pu devenir Hank Williams s'il avait atteint 45 ans, l'âge qu'avait Slim à la publication de son premier album. Six disques en studio plus un live parus entre 1997 et 2014 constituent l'œuvre de James Hand (Je vous avais présenté dans Le Cri du Coyote n°132 Mighty Lonesome Man et dans le n°143 Stormclouds In Heaven). Ags a donc puisé dans ces albums onze titres qui constituent Your Pal Slim: The Songs Of James Hand. La plupart des compositions sont des ballades vous tirent des larmes comme In The Corner, At The Table, By The Jukebox, The Pain Of Loving You, Lesson In Depression, My Witness, Over There, That's Frank, You Were With Me Then et My Heart's Been Cheatin' On You. Les chansons plus honky tonk s'appellent Baby Don't Tell Me That, Shadows Where The Magic Was, Midnight Run et Men Like Me Can Fly. Pour enregistrer, Ags a fait appel à une section rythmique britannique (Anna Robinson à la basse et Robert Pokorny à la batterie) et à des musiciens américains qui sont la garantie d'un son made in Texas. Chris McElrath, qui a été le dernier leader du groupe de James, est aux guitares électriques (écoutez son travail d'orfèvre sur Shadows Where The Magic Was ou Midnight Run), et Jake Penrod (James et lui se vouaient une admiration réciproque) à la pedal steel et à la lap steel. La touche féminine est assurée par Beth Chrisman (fiddle) et Bennen Leigh (voix sur Men Like Me Can Fly et mandoline). Toutes deux avaient participé aux derniers enregistrements de Slim et l'avaient accompagné sur scène. Et puis, il y a Ags Connolly avec sa guitare acoustique et surtout sa voix qui, loin de se contenter d'un simple travail d'imitation, parvient à capter et restituer l'émotion que James Hand insufflait dans ses interprétations. Pour conclure, Ags a ajouté un titre bonus, Corner Of My Street, qu'il avait commencé à écrire en pensant à en faire une collaboration avec James, et qui est loin de détonner dans l'ensemble. Si, après l'écoute de Your Pal Slim, vous n'avez pas envie de vous plonger dans la discographie de James Hand ni dans celle d'Ags Connolly (six LP et un EP en studio plus un album live), c'est que la country music authentique n'est pas pour vous. 

 

Baptiste W. HAMON

"Country" 

Faire un album country en français ressemble à une gageure. C'est le défi que s'est lancé Baptiste "Walker" Hamon, grand amateur du genre et qui avait pour références des artistes comme David Alan Coe, Johnny Paycheck ou Hank Williams Jr., ou encore Robert Earl Keen qui avait chanté en duo avec lui. Cela étant, depuis des titres comme Van Zandt ou Joséphine, on sait de quoi Baptiste est capable. Pour cet album, sobrement intitulé Country, il nous propose huit compositions originales et deux reprises: Superstar d'Eddy Mitchell et Stewball, version Hugues Aufray / Pierre Delanoë. Doté habituellement d'une écriture plutôt littéraire, notre ami s'est efforcé de coller à l'esprit du genre, avec des mots simples, comme en témoignent J'connais des gens, Oh que j'aime la musique country ou Mes envies de ne rien faire. Cela ne l'empêche évidemment pas d'envoyer parfois des messages assez forts. Le disque s'ouvre sur Fièvre honky tonk avec une guitare (Baptiste Dosdat) qui nous renvoie à Luther Perkins du Tennessee Two (ou Three) de Johnny Cash et une ambiance qui évoque celle des bars enfumés et alcoolisés d'Austin, sur un rythme de two-step. La pedal steel est tenue par Stew Crookes comme sur le titre suivant, J'connais des gens. Dans cette chanson, Baptiste règle des comptes, gentiment, avec des gens qui ne sont pas "pas les mêmes au dehors, au-dedans" et qui "f'raient bien d'se taire, on s'rait pas plus mal pour autant". Oh que j'aime la musique country, avec son allure de valse lente, cite Waylon et Willie, Loretta et Dolly, et constitue une déclaration d'amour à la fois à la musique mais aussi à quelqu'un qui partage ses goûts. Baptiste s'y fend d'un solo de Wurlitzer. Il faut noter noter qu'il parle de musique country et non de country music et prononce country à la française, comme un clin d'œil amusé aux line dancers de l'hexagone. Mes envies de ne rien faire est la dernière chanson avec pedal steel où les chœurs de Lonny Montem, Boris Boublil et Baptiste ajoutent la nonchalance nécessaire à cette invitation à la paresse. Viennent ensuite (Je ne deviendai jamais une) Superstar et Arrêter de faire semblant (mon titre favori du disque avec J'connais des gens) qui ont pour point commun la la recherche de l'authenticité et le refus des compromissions. Et tant pis pour la gloire facile et éphémère! Dans sa composition, Baptiste cite deux de ses modèles, son grand-père vigneron (à Chablis) et sa mère danseuse, qui ont su lui éviter la tentation de la grosse tête. Pour exprimer ce qu'est l'amour et Rabbit pâté sont différents du reste de l'album, avec un son plus folk-rock que country. Dans Je ne suis pas Georges Moustaki (et "je ne suis pas Clara Luciani"), les claviers jouent un rôle prépondérant. Mais les yodels auxquels Baptiste s'essaie avec succès à la fin nous ramènent au sujet du disque. À titre personnel, je reçois le choix du dernier titre, Stewball, comme un beau cadeau. Cette chanson m'avait ému quand j'étais gamin, il y a près de soixante ans, et me touche toujours autant. L'amour de la musique a guidé Baptiste Hamon tout au long de la genèse et de la réalisation de Country et lui a permis de faire un album de musique country français, sans faire appel (à part la pedal steel sur trois titres) aux instruments traditionnels du genre. Chaque note révèle le plaisir pris par l'artiste au cours de l'enregistrement.

 


 

Melissa CARPER

"Borned In Ya" 

Melissa a tiré le titre de son nouvel album, Borned In Ya, d'une citation de Ralph Stanley qui affirmait, à propos du bluegrass, "I don't think you can get this sound unless it's borned in ya". Ici, il n'est pas question de bluegrass, mais bien de la musique américaine de l'après-guerre (la deuxième guerre mondiale) jusqu'au début des années 1960. On rencontre le rock (Borned In Ya), la country music, le rhythm & blues, la grande variété (I Don't Love You Anymore) et toutes ces musiques qui ont influencé Melissa au cours de sa vie, avec cet aspect jazzy si caractéristique de l'époque. Sur les douze titres, il y a dix compositions de Melissa (parmi lesquelles cinq co-compositions, dont trois avec son amie Brennen Leigh). Les deux reprises sont tout à fait représentatives de l'esprit de l'album. That's My Desire a été interprété aussi bien par Frankie Laine qu'Eddie Cochran en passant par Patsy Cline et Louis Armstrong. Quant à Every Time We Say Goodbye (de Cole Porter), on n'en compte plus les versions: Ella Fitzgerald, Ray Charles, Sarah Vaughan, John Coltrane, et, plus récemment, Simply Red, Annie Lennox, Carly Simon, Diana Krall et Lady Gaga. Tout cela, combiné avec des compositions personnelles comme Evil Eva, There'll Be Another One, Somewhere Between Texas And Tennessee ou Let's Stay Single Together, aboutit à un album réjouissant où la voix acidulée de Melissa (qui a délaissé sa contrebasse au profit de Dennis Crouch) est particulièrement en valeur. Quand on sait que Miss Carper est ici accompagnée de musiciens (Jeff Taylor, Chris Scruggs, Chris Geld, Jenni Mori, Billy Contreras, Rory Hoffmann…) et de vocalistes (Kishona Armstrong, Nickie Conley, Maureen Murphy, Sierra Ferrell, Larry Marx) de haut niveau on ne peut nourrir aucune inquiétude quant au résultat. J'ajouterai une mention spéciale à Rebecca Patek, pour les arrangements de cordes, et à Doug Corcoran, pour les saxophones et la trompette, qui donnent à Borned In Ya sa couleur musicale, à la fois moderne et surannée, si particulière.


 

 

SURRENDER HILL

"River Of Tears" 

Surrender Hill (n° 146), Tore Down Fences (n° 157), A Whole Lot Of Freedom (n° 167), Just Another Honky Town In A Quiet Western Town (Du Côté de Chez Sam, avril 2022) ont eu les honneurs du Cri du Coyote. Vous ajoutez Right Here Right Now (2018) et Honky Tonk (2019) et, avec River Of Tears, vous aurez la discographie compète du duo Surrender Hill, composé de Robin Dean Salmon et son épouse Afton Seekins. Comme son prédécesseur qui était un double album (24 titres), ce nouvel opus est copieux (16 titres) et toujours aussi inspiré. Robin et Afton ont co-composé l'ensemble et se partagent les vocaux. Surrender Hill est toujours dans la lignée d'un certain Tom Russell, tant pour le timbre de voix de Robin que pour la qualité et l'inspiration des compositions. L'ensemble peut être qualifié de country rock, teinté de soul (notamment grâce à la voix d'Afton). Après un détour vers le honky tonk et le western, Surrender Hill a remis un peu de rock dans ses ballades country, avec des guitares qui savent se faire plus électriques, celles de Mike Waldron (guitares lead et baryton), Jonathan Callicutt (guitare électrique) et Robin Salmon (guitares acoustique et électrique et dobro). Le groupe est complété par Matt Crouse (batterie et percussions), Drew Lawson (basse) et Mike Daly (pedal steel et dobro) avec quelques invités: Eric Fritsch et Kevin Thomas (Hammond B3), Kris Krunk (orgue) et Dwight Sanford (harmonies sur End Of The Line). Des titres comme Rent Is Due ou Palomino (chantés par Robin) ou Get Out Your Own Way et Unconditional Life (chantés par Afton) brillent particulièrement mais il est impossible de trouver un moment faible dans ce septième album du groupe. De River Of Tears à Angel, The Devil, And Me, en passant par In Our Time et That Kind Of Living, ou encore le plus sombre Cry Baby, on ne compte pas les moments de plaisir que nous procure le duo, qu'il nous conte des romances d'amour ou de petites histoires ordinaires, optimistes ou nostalgiques. Il le fait de telle manière qu'on est vite conquis. Pour ma part, je le suis depuis près de dix ans, et je suis près à signer pour une décennie supplémentaire. 

 

Helene CRONIN

"Maybe New Mexico" 

Après deux disques en 2023, Landmarks et Beautiful December (un EP de saison), Helene Cronin nous offre un nouvel album, Maybe New Mexico (enregistré à Nashville). De sa voix chaude et sensible, elle interprète douze nouvelles compositions qui confirment qu'elle appartient bien à la catégorie fermée des songwriters de talent. Elle a écrit deux titres seule (Power Lines et Rifleman) et quatre avec Scott Sean White, un confrère et ami qui mériterait d'être lui aussi mis en lumière (Maybe New Mexico, People, Not The Year et Maker's Mark). Helene a ce talent de savoir mettre en chansons des histoires d'amour et de cœurs brisés, de guerre et de paix, de vie et de mort, de raconter des choses simples en les posant sur des mélodies, tout simplement. Qu'elle nous emmène du côté d'Albuquerque (Maybe New Mexico) ou de la Suisse (Switzerland), on la suit sans hésiter. Elle peut chanter la vie (Dear Life, avec un bel accompagnement de piano), évoquer Dieu (God Stopped By) ou l'homme (Ain't That Just Like A Man) en se posant comme quelqu'un qui sait observer ce qui l'entoure et le retranscrire avec des mots et des notes. Autour d'elle, les musiciens savent se mettre au diapason. Bobby Terry (guitares acoustiques, dobro, steel guitar, mandoline), Matt Pierson (basse), Paul Eckberg (batterie), Charlie Lowell (piano, claviers, Hammond B3), Melodie Chase (violoncelle), Caitlin Anselmo et Matt Singleton (voix), tous sont parfaitement à l'unisson avec, comme maître d'œuvre le producteur Mitch Dane (qui ajoute claviers additionnels, percussion et programmation).


 

 

Mark BRINE

"Rural Notes"

 Il y a bien longtemps (depuis 2018) que je n'avais pas eu l'occasion de parler de Mark Brine, artiste originaire du Massachussetts et établi à Nashville, qui a déjà plus d'un demi-siècle de carrière derrère lui. Si sa renommée est restée relative, il a quand même quelques faits de gloire comme celui d'avoir chanté au Grand Ole Opry, introduit par Hank Snow. Surnommé le New Blue Yodeler, il revendique comme influences principales Jimmie Rodgers et Hank Williams dont il est un héritier légitime, toujours proche d'une tradition folk qu'il sait enrichir de jazz et de blues et continue à défendre sur scène alors qu'il vient de fêter ses soixante-seize ans. Dans les douze compositions (dont le délicieux et sautillant Bouncin' In The Buggy coécrit avec Douglas Atkin) de ce nouvel opus, Mark raconte ses petites histoires comme lui seul sait le faire. Il dresse des portraits pleins de tendresse, comme Farm Girl ou Jessica Blue. Il rend hommage à des artistes qui l'ont inspiré dans The Ballad Of Fiddlin' Sid Harkreader, un violoniste old-time qui a fréquenté lui aussi le Grand Ole Opry, ou encore The King Of Basin Street (A Tribute) qui évoque King Oliver et son Creole Jazz Band qui a compté en ses rangs Louis Armstrong et Lillian "Lil" Hardin, tous deux nommés dans la chanson. Je pourrais encore citer Everything's Gonna Be Alrite et Your World, Squirrel, aux textes personnels, ou encore Delta Moonlit Sky. Pour maintenir la tradition, il y a Moo-nlite Yodel (dont le titre se suffit à lui-même) et, pour clore l'album, une chanson à connotation religieuse, New Jerusalem. Mark est entouré pour Rural Notes par Brian Whaley (fiddle et violon), George Kost (steel guitar) et son fils Kev Brine (basse et claviers) avec en plus, pour King Of Basin Street, Gregory Thompkins (saxopone) et Jim Orr (piano). 


 

mercredi 20 décembre 2023

Du Côté de chez Sam, par Sam Pierre

 

Grey DeLISLE

"She's An Angel" 

Après quelques beaux albums publiés entre 2000 et 2005, Grey DeLisle était devenue rare jusqu'à Borrowed, disque de reprises paru à l'automne 2022. Un an plus tard, elle revient avec un nouvel opus composé de chansons originales (le premier depuis 2005) au titre qui lui ressemble, She's An Angel. À l'exception de I Really Got The Feeling écrit à l'origine pour Dolly Parton par Billy Vera, Grey signe neuf titres seule et en co-signe quatre autres. Marvin Etzioni et Murry Hammond étant absents, ce sont les guitaristes Deke Dickerson et Eddie Clendening qui produisent le disque. Le second nommé a par ailleurs coécrit le premier titre, I’ll Go Back To Denver (And You Can Go To Hell), et le dernier, Quit Pickin’ On Me. Parmi les autres collaborations, il faut noter Robert Williams, plus connu sous le nom de Big Sandy, qui a coécrit I Like The Way You Think I Think. Pour ce qui est des musiciens présents, on note particulièrement DJ Bonebrake (batterie et vibes), Bernie Dresel (basse), T. Jarod Bonta (piano) ou encore Tammy Rogers (fiddle) et Dave Biller (steel). L'un des moments forts du disque est l'humoristique The Dog, que Grey chante en duo avec le légendaire Ray Benson, mais je pourrais aussi citer (en me limitant) Cowboy Joe, She's An Angel, Everybody's Baby ou I Missed You, tellement cet album est riche de bout en bout, avec une Grey DeLisle dont le plaisir de chanter s'entend au détour de chaque note. Et je salive d'avance en pensant que la Dame a en projet trois autres albums avec différents producteurs qui ont pour noms Andy Paley, Jolie Holland ou Marvin Etzioni. 

 

The BURRITO BROTHERS

"Christmas" 

Ces Burrito Brothers (Chris James, Tony Paoletta, Peter Young et Steve Allen) sont plutôt prolifiques. Quelques mois après l'excellent Together, ils nous proposent leur disque de saison, tout simplement intitulé Christmas. Aucun classique du genre n'est ici interprété mais il faut noter quand même quelques reprises. Tout d'abord la chanson d'ouverture Christmas Day (avec une introduction parlée de Gram Parsons) avait été popularisée par Glen Campbell dans son album de Noël de 1969. Santa Looked A Lot Like Daddy est une chanson de Buck Owens. Plus curieusement, il y a un double hommage aux cousins britanniques avec Christmas, extrait de Tommy des Who, dont l'interprétation ne trahit pas l'original, et avec Christmastime qui est un medley d'extraits de chansons de Noël des Beatles. Les titres originaux ont été écrits ou coécrits par Chris James, parfois il y a longtemps (trente-cinq ans pour Bethlehem Bell, une quinzaine d'années pour Santa et Merry Christmas), parfois spécialement pour ce projet (Christmas Moon, Spirit Of The Season, Happy New Year). Tout cela donne un disque conçu pour la saison des fêtes qui se laisse écouter avec beaucoup de plaisir. 

 

Helene CRONIN

"Beautiful December" 

J'ai déjà parlé (en bien) de Helene Cronin, notamment à l'occasion de ses deux précédents LP studio Old Ghosts & Lost Causes et Landmarks. Beautiful December est un EP de chansons de Noël, toutes originales. Les trois premières chansons sont des coécritures: I Could Use A Silent Night et Beautiful December avec Nicole Lewis, One Night On Earth avec Janelle Arthur et Adam Wheeler. Les trois autres (The Bells Of St. Thomas, Come, Lord Jesus et Christmas Boy sont l'œuvre de Helene Cronin seule. Ce qui réunit tous ces titres est une grande beauté, un peu solennelle, qui démontre que, pour Helene, Noël n'est pas que la fête des marchands. Je rappelle à cet égard que la dame avait, dans une première carrière enregistré deux albums d'inspiration religieuse. Pour cette aventure, Helene est accompagnée par Bobby Terry (guitare), Byron House (basse), Chris Powell (batterie), Melodie Chase (violoncelle), Charlie Lowell (claviers et cloches) ainsi que quelques vocalistes. Le tout est produit par Mitch Dane qui ajoute guitares, cloches, claviers et percussions. Ce disque, inspiré et inspirant, fait partie de ceux que l'on a du mal à retirer du lecteur de CD, et pas seulement parce qu'il ne dure que vingt-deux minutes. 

 

Kevin DOOLEY

"Band O'Gypsys" 

Ceci n'est pas un disque de Noël, mais Band O'Gypsys de Kevin Dooley pourrait faire un parfait cadeau à déposer sous le sapin. C'est ainsi que je l'ai ressenti, avec un peu plus d'un mois d'avance lorsque je l'ai trouvé dans ma boîte aux lettres. Le disque venait d'Écosse (merci à Rob Ellen) et l'illustration de la pochette me faisait penser à un de ces groupes d'antan qui faisaient la joie des pubs enfumés d'Irlande. En fait, il s'agit d'une photo ancienne, prise dans l'Indiana, et le joueur de fiddle sur la droite n'est autre que le grand-père de Kevin. Ce dernier vient de Dayton, Ohio, et il a grandi dans le sud du Michigan où il a eu le plaisir de voir ce granddad fabriquer des instruments et jouer du fiddle, du piano ou de la scie musicale. La famille est importante pour celui qui est un vétéran de la scène, désormais retiré des tournées et qui a derrière lui une carrière de plus de quatre décennies, riche de douze albums en incluant ce nouvel opus qui comprend dix titres écrits par Kevin. Band O'Gypsys est entièrement acoustique (à l'exception d'une basse électrique sur deux titres) et il a été enregistré à l'ancienne, en analogique, à Longmont, Colorado. Les chansons sont des histoires personnelles sur la famille, l'amour des grands-parents et la recherche de ce qui est vraiment important. Grandad's Smile est une superbe et douce ballade où le violon d'Oliver Jacobson et la mandoline de Steve Mullins, rejoints par l'accordéon de John Magnie, constituent une trame parfaite pour que Kevin déroule sa mélodie. À l'écoute, on croirait voir le sourire du grand-père. D'autres titres ont des accents bluesy comme Brother Wind, hommage aux troubadours qui ont inspiré Kevin (en particulier Chuck Pyle), Everyday Dreams (déjà enregistré sur l'album éponyme en 1997) ou encore le mélancolique Yesterday's Road qui est issu de réflexions inspirées la pandémie: pourquoi les bonnes choses passent-elles si vite alors que les moments difficiles nous collent comme de la glu? Il y a aussi des titres plus enlevés, comme For You, Spinning Of The World et le blues-rock Joey's Shadow. Ce dernier morceau évoque l'histoire réelle d'une inondation à Jamestown au cours de laquelle un ami cher a perdu la vie. En plus de Grandad's Smile, il y a des chansons qui incitent à l'optimisme comme Northern Boy (l'amour de la nature et de la musique), Voices Carry qui swingue doucement et loue le pouvoir des voix, le fait de chanter ensemble qui réunit les gens au-delà des harmonies. L'album se finit sur Some Brighter Day, chanson d'espoir, évidemment. La découverte de Kevin Dooley a été, pour moi, tardive et n'en est que plus belle. Kevin Dooley ne se contente pas d'être talentueux, c'est aussi un un homme humble et sympathique, un amoureux de la musique. 

 

David FRANCEY

"The Breath Between" 

The Breath Between, c'est la respiration entre le premier et le dernier souffle, comme un symbole de la brièveté de la vie, dont on se rend compte à partir d'un certain âge, dès qu'on se retourne sur son passé, et une invitation à en profiter pleinement, à savourer chaque instant, chaque respiration. David Francey, Canadien né en Écosse a désormais à son actif une douzaine d'albums en studio (plus un enregistrement public) et s'affirme depuis près de vingt-cinq ans comme un authentique poète, un songwriter qui peut sans hésitation être classé parmi les meilleurs au pays de Leonard Cohen. Pour ce nouvel album, David Francey retrouve ses partenaires depuis une dizaine d'années: Mark Westberg (guitare et voix) et Darren McMullen (guitare, mandole, madoline, bouzouki et voix). Terra Spencer est une addition importante au casting puisqu'elle joue de la guitare et (surtout) du piano, chante en duo sur Narrow Boats (chanson inspirée par le calme des rives de la Tamise) et a écrit les mélodies de deux chansons: Absolution (titre chanté a cappella) et Just Before Christmas. Parmi les autres musiciens, je citerai Dave Clarke (guitare) et Natalie Williams Calhoun (violoncelle). Pour One Day, la voix et le bouzouki de David sont soutenus par la guitare et les harmonies de Colin Francey. La seule reprise est une composition de Mike Reid et Allen Shamblin, I Can't Make You Love Me, connue par l'interprétation de Bonnie Raitt et qui trouve ici une nouvelle vie, d'une pure beauté, avec juste la voix de David et le piano de Terra. Quand l'orchestration est plus fournie, comme pour I Called It Love, l'accordéon, le bodhran et le fiddle s'intègrent parfaitement dans un ensemble la plupart du temps assez dépouillé. Chansons d'amours, chansons d'espoir et de gratitude, The Breath Between dégage un parfum de paix et de quiétude, même si Just Before Christmas fait référence au naufrage d'un bateau de pêcheurs juste avant Noël, et si Time For The Wicked To Rest évoque ceux qui propagent la haine et la peur (notamment en politique). En ce qui me concerne, une chanson a une résonance particulière. This Morning a en effet été écrite juste après la mort de John Prine: "Le 8 avril est le jour du décès de John Prine. J'ai beaucoup pensé à lui et j'ai écrit cette chanson en hommage à son bon cœur. Il m'a mis sur le chemin", écrit David, et il chante "Ce matin, ce matin / le soleil s'est levé / et le monde a continué de tourner / encore et encore / chantant tes chansons, du début à la fin / pendant que les cœurs se brisent sans bruit / c'est ainsi que va le monde". Ce monde est plus triste sans John Prine mais où nous avons la chance d'y vivre en même temps que beaucoup de beaux artistes, et David Francey n'est pas le moindre d'entre eux.

Carl SOLOMON

"The Whisper" 

Carl Solomon est un chanteur folk, un musicien, un véritable artisan de la chanson qui vit à Portland, Oregon. À ma connaissance, The Whisper est au moins son quatrième album, avec dix chansons originales qui parlent d'amour, de mort, de vie et d'un monde qu'il chérit. Pour l'occasion, Carl s'est associé avec le producteur, ingénieur du son et musicien Merel Bregante que l'on avait découvert il y a bien longtemps avec Loggins & Messina puis The Dirt Band et, plus récemment aux côtés d'artistes comme Randy (Lewis) Brown ou Brian Kalinec dont il a produit l'excellent The Beauty Of It All, chroniqué dans ces colonnes (Du Côté de chez Sam, Juin 2023). Ces deux noms situent le domaine dans lequel évolue Carl Solomon, celui d'un folk tranquille, mélodieux et doucement teinté d'électricité, avec des textes qui incitent à la réflexion. Randy Brown a d'ailleurs coécrit Crime Of Silence. Si, sur The Whisper (la chanson), le fiddle de Cody Braun soutient joliment la voix douce de Carl, d'autres musiciens se mettent en valeur comme Peter Wasner aux claviers (son piano dialogue avec la guitare acoustique dès l'introduction du premier titre, Look West). L'accordéon de Lori Beth Brooke brille sur Lincoln Continental (Suicide Doors), la pedal steel de Dave Pearlman sur Singin' With The Ghost ou Window Shopping For Jesus (un titre dont le refrain évoque Jésus et Gram Parsons), et ce ne sont que quelques exemples, chaque musicien étant mis en valeur par la production aux petits oignons de Merel Bregante (lui-même à la batterie et aux percussions). Parmi les autres titres remarquables, il y a Morocco où Carl est allé trouver la chaleur au cours d'un voyage (Madrid a perdu son charme, nous étions seulement des vagabonds) ou encore Soldier's Psalm. You, Me, Us, qui clôture le disque est une sorte de conte futuriste qui parle d'apocalypse: la planète peut-elle renaître alors que seuls restent sur terre le coyote, le saumon et le corbeau? Au-delà-de cette question fondamentale, Carl Solomon ne va pas changer le monde ni révolutionner celui de la musique, mais il a le mérite de nous offrir The Whisper dont l'écoute procure un réel plaisir.

vendredi 24 février 2023

Du Côté de Chez Sam, par Sam Pierre

 

Helene CRONIN

"Landmarks" 

Le précédent album, Old Ghosts & Lost Causes, d'Helene Cronin avait été présenté dans Le Cri du Coyote n°163. Elle considère Landmarks comme son deuxième album, même si elle avait déjà enregistré auparavant deux LP d'inspiration religieuse et deux EP. L'équipe qu'elle avait réunie pour son premier album (Bobby Terry: guitares acoustiques, banjo, steel et mandoline; Kenny Vaughan: guitares; Byron House: basse) est toujours là, sous la direction du même Matt King, seule la batterie a changé de titulaires (Jerry Roe et Paul Eckberg se partagent le siège). Helene a écrit ou co-écrit l'ensemble des onze titres. Landmarks, la chanson, a une histoire particulière: elle a été écrite avec une jeune femme de 16 ans, Ava Paige, rencontrée dans une chambre d'hôpital, et évoque des souvenirs de pêche partagés avec leurs pères respectifs. Il y a des titres forts comme Just A Woman qui démarre tranquillement puis va crescendo vers un final porté par un bouquet final de voix féminines. J'ai personnellement une préférence pour le titre au son country-rock qu'est Halfway Back To Knoxville ou le mid-tempo You Do, mais le son globalement rock de l'album, car il s'agit bien d'un album cohérent, n'est pas pour me déplaire, bien au contraire. What They Didn't Build en est une belle illustration. Il se dégage de Landmarks une véritable force qui est comme une réponse aux problèmes de santé dont l'artiste a souffert récemment et l'on entend aussi la passion d'une femme dont la qualité de l'écriture se révèle à chaque titre et dont la voix sait se charger d'émotion comme dans le tranquille Bodies Of Water, seule chanson écrite entièrement par Helene. 

 

Ben BEDFORD

"Valley Of Stars" 

Pour ce qui est de son sixième album (les trois précédents ont été chroniqués par mes soins pour le Cri du Coyote, numéros 131, 149 et 159), Ben Bedford continue de surprendre et d'enchanter. Les premières notes de Leaping nous font penser au folk britannique des années 1960/70, avec un jeu de guitare tout en finesse (Ben et Chas Williams sont aux guitares acoustiques) et une voix qui évoque celle de David McWilliams ou Ralph McTell. Ben est pourtant originaire de Springfield, Illinois, et a enregistré Valley Of Stars à Shelbyville, Tennessee, avec l'aide de Dave Sinko. On pourrait penser que le songwriter a conçu ce disque comme un concept album alors qu'il a en fait enregistré une trentaine de titres pendant le confinement pour en retenir onze (dont cinq instrumentaux) et se rendre compte du fait que certaines chansons étaient connectées entre elles. Dans son disque précédent, Hermit's Spyglass, Ben nous laissait guider par Darwin le chat. Ici, ce sont les aventures de Hare (dont la silhouette se dessine fièrement sur la pochette) que nous sommes invités à partager au travers de rencontres parfois inattendues (Leopard & Hare, In The Court Of The Bear). Ben Bedford n'a pas choisi la facilité, et ceux qui savent déjà qu'il est un songwriter essentiel, à l'écriture littéraire et au sens de la mélodie imparable le suivront les yeux fermés (et les oreilles grandes ouvertes) au long de ce magnifique opus, interprété par une équipe aussi réduite que talentueuse. Aux côtés de Ben et Chas, qui joue également de la guitare électrique et du dobro, on ne trouve en effet que Kari Floyd (harmonies) et Ethan Jodziewicz (basses et percussions). Valley Of Stars, qui se clôt par l'instrumental au titre improbable In The Shelter Of Indomitable Momma Badger, est un album tout en légèreté et en beauté qui confirme que Ben est un digne héritier de ses glorieux aînés, au premier rang desquels figure Townes Van Zandt dont il se revendique. 

 

The WHISKEY CHARMERS

"On The Run" 

Ce groupe basé à Detroit repose sur le talent de Carrie Shepard (voix et guitare acoustique) qui a écrit les dix titres ici présentés, et de son compagnon Lawrence Daversa (guitares électrique et steel, harmonies). À leurs côtés, on trouve Brian Ferriby (batterie et percussion), Daniel "Ozzie" Andrews (basse) et David Roof (claviers). On The Run est le quatrième LP du combo et il confirme ce que les trois précédents avaient laissé entendre. Nous avons affaire à un soft-rock teinté de folk et de country qui repose sur la voix claire et les compositions inspirées de Carrie ainsi que sur des arrangements où les guitares de Lawrence brillent. De Nobody Cares à Wrinkle, en passant par les moments magiques de Water, Gold ou Stop Running Your Mouth, on est sous le charme des Whiskey Charmers qui ont atteint ici une dimension qui devrait leur permettre de démontrer que Detroit a désormais d'autres porte-drapeaux que Motown, les Stooges, MC5 ou Alice Cooper et que MC signifie aussi bien Music City que Motor City. 

 

Craig BICKHARDT

"Outpourings" 

J'avais découvert Craig Bickhardt il y a environ trente-cinq ans avec l'album No Easy Horses de Schuyler, Knobloch and Bickhardt. J'ai eu le plaisir de découvrir ensuite son œuvre en solo (cinq albums dont un live entre 2001 et 2018) ou au sein du duo Idlewheel qu'il forme avec Jack Sundrud. L'homme se définit ainsi: "Father, husband, poet, prognosticator of insignificant events, guitar alchemist and singer-songwriter" (Père, mari, poète, pronostiqueur d'événements insignifiants, alchimiste de la guitare et auteur-compositeur-interprète). Outpourings se présente sous la forme d'un double CD de vingt-six titres (limité à 350 exemplaires, mais il existe aussi une version simple de treize titres) tous de sa plume avec neuf coécritures. Deux ans de création, une vie de préparation, c'est un cadeau pour les nombreux amis, famille, fans et followers de Craig. C'est un cadeau car l'album est aussi riche que l'homme est généreux et tourné vers les autres. Le disque a été enregistré principalement dans les studios de John Mock qui l'a coproduit avec Craig tout en jouant de la guitare classique, du pennywhistle et de l'harmonium. La liste des musiciens est trop longue pour être reproduite mais constitue un véritable who's who de Nashville et des environs. Breaking The Bread, qui ouvre l'album, en donne le ton avec des arpèges de guitare acoustique, une voix claire et touchante, une mélodie prenante et des textes pleins d'humanisme. Jamais l'impression ressentie ne se démentira au long des vingt-six titres qui raviront les amateurs, par exemple, de James Taylor ou de Dan Seals, s'il faut citer des références. C'est parfois le piano de Pete Wasner qui est en vedette comme sur She Won't Be Yours Alone ou I Don't Know Much About Love sans altérer la tonalité générale de l'ensemble. L'apport du violoncelle de Michael G. Ronstadt est aussi fort appréciable. Écoutez, à cet égard, Trees où l'instrument répond à la guitare classique avec en complément, une voix féminine qui vient compléter celle de Craig. Ce double album, simple en apparence, avec une recette rodée par un demi-siècle de pratique, révèle en fait des richesses qui se laissent découvrir à chaque écoute. C'est le fruit du travail d'un artisan passé maître en son domaine et qui nous livre ici ce qui est sans doute son chef d'œuvre. Ce dernier se referme sur A Family Quartet quatre titres qui nous montrent à quel point Craig Bickhardt porte haut les valeurs de la famille.

 

Freedy JOHNSTON

"Back On The Road To You" 

En écoutant Back On The Road To You, son dixième album studio, on a du mal à imaginer que le premier LP de Freedy Johnston a été publié trente-deux ans plus tôt. L'homme a toujours la même fraîcheur et, huit ans après Neon Repairman, il nous délivre dix titres d'un excellent tonneau, avec cette capacité qu'ont ou avaient d'autres songwriters comme Ron Sexsmith ou Moon Martin, de nous offrir des mélodies entraînantes sur fond de guitares qui qui brillent, la rythmque de Freedy et la lead (ainsi que la steel) de Doug Pettibone. La voix n'a pas changé au cours des années et se montre à l'aise sur de véritables petits hymnes pop-rock, parfois rejointe par celle de consœurs prestigieuses comme Aimee Mann (Darlin'), Susan Cowsill (The Power Of Love) ou Susanna Hoffs (That's Life). Freedy Johnston a toujours bénéficié de la reconnaissance des critiques rock et des ses pairs, il n'est pas trop tard pour que celle du public suive et que chacun chante avec lui le surperbe titre de clôture, The I Really Miss You Blues. 

 

Mark ERELLI

"Lay Your Darkness Down" 

Le précédent album de Mark Erelli paru en 2020 s'appelait Blindsided. Il ne se doutait alors pas qu'une atteinte de la rétine allait le condamner à perdre progressivement la vue. Le nouveau disque dont le titre, Lay Your Darkness Down, n'est nullement dû au hasard est l'œuvre de quelqu'un qui a décider de ne pas baisser les bras et de combattre à sa manière l'inéluctable en s'appuyant sur tout ce qui est positif dans sa vie. Il se dresse Up Against The Night, armé d'une guitare électrique sur ce titre, dans l'attente du crépuscule. Pour l'occasion, Mark s'est appuyé sur une équipe réduite: le fidèle Zachariah Hickman (basse, Mellotron, Omnichord), Dave Brophy (batterie et percussions), Charlie Rose (pedal steel sur Love Wins In The Long Run), Anthony Da Costa (guitare électrique sur Fuel For The Fire qu'il a co-composé) et Lori McKenna (voix sur Lay Your Darkness Down et co-composition de You're Gonna Remember This. Pour le reste, à l'exception des chœurs sur Love Wins In The Long Run, Mark a tout fait, de l'enregistrement à la production. Et, bien sûr, il chante et joue (en particulier des guitares) toujours aussi bien, sur ses compositions inspirées, avec une énergie jamais prise en défaut. Mark Erelli avait chanté à Paris il y a tout juste quinze ans grâce à Hervé Oudet et Acoustic in pAris. Les trops rares spectateurs avaient découvert un artiste de grand talent mais aussi un être humain d'une qualité rare. Lay Your Darkness Down est une superbe confirmation, un album qui est aussi une leçon de vie, à l'image de ce couplet de la chanson titre: "Rest easy, brother, and travel light / You had your mama’s eyes / But you were your father’s son / Lay your darkness down / Shadows lie upon the ground / To show us where the light is coming from" (Repose-toi tranquillement, mon frère, et voyage léger / Tu avais les yeux de ta maman / Mais tu étais le fils de ton père / Repose ton obscurité / Les ombres se couchent sur le sol / Pour nous montrer d'où vient la lumière).