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vendredi 27 février 2026

Du Côté de Chez Sam, par Sam Pierre

 

  • Jeffrey MARTIN
  • "Alive July 25, 2025" 
  • Avec Jeffrey Foucault, il partage le prénom. Avec John Prine, il partage un titre de chanson, Quiet Man (deux chansons différentes). Je vous avais dit grand bien de Jeffrey Martin en ces colonnes en août 2024 à propos de son album Thank God We Left The Garden. Si aujourd'hui je cite Jeffrey Foucault et John Prine, c'est qu'il partage avec eux au moins deux autres choses: une discographie où il n'y a rien à jeter et une capacité à se produire en public, seul avec sa guitare (même si sur cet enregistrement, Sam Weber, est à la deuxième guitare) et à communier avec son public, qu'il manie l'humour ou l'émotion. Cet album en public, son premier, à été enregistré au Showdown, à Portland, Oregon, sa terre d'adoption. Il est riche de seize chansons dont au moins une composition originale (1519) et une reprise (Out On The Weekend de Neil Young). On trouve des chansons récentes (Quiet Man, Red Station Wagon, Garden, There Is A Treasure), d'autres plus anciennes Gold In The Water, Galveston. L'oreille s'attarde sur The Middle, Wellspring, Thief And A Liar ou Billy Burroughs mais dès le premier titre, I Know What I know, on sait qu'on va passer un bon moment (près de quatre-vingt-dix minutes), en toute intimité, avec un des meilleurs songwriters du siècle présent.

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George MANN and Mick COATES

"Ghosts Of The Old West" 

C'est le violon enlevé de Tim Ball sur For The West qui donne le ton, très country, dès les premières notes d'un album qui a pris naissance chez Mick Coates au Maldon Folk Festival en Australie, auquel George Mann participait. L'idée d'enregistrer ensemble a vite pris forme et le titre du disque, Ghosts Of The Old West, a été trouvé, George suggérant à Mick que chacun écrive une chanson du même titre (pour éviter la confusion, la composition de Mick est titrée The Ghosts Of The Old West). George Mann est un chanteur et auteur-compositeur issu du mouvement folk, celui de Woody Guthrie ou Pete Seeger, Utah Phillips ou Tom Paxton, très investi dans le syndicalisme, comme sa discographie peut en témoigner. Mick Coates, avec sa voix plus basse, excelle dans les chansons de cowboy ou les reprises de Johnny Cash. Ce qui est intéressant ici, c'est le contraste des voix, qui ne nuit nullement à la cohérence de l'ensemble. On trouve quatre compositions de George (For The West, Ghosts Of The Old West, They Call Her Dolly Parton, 'Til The Cows And 'Roos Come Home) et trois de Mick (That Sweet Plaintalkin' Country Girl, In Irons From Limerick City, The Ghosts Of The Old West). Il y a aussi quatre reprises. Pour commencer par les plus connues, il y a d'abord The Reverend Mr. Black, chanté par GeorgeMick intervient à la manière de Johnny Cash pour entonner "You gotta walk that lonesome valley". On pense encore au Man in Black pour l'autre reprise marquante, Ira Hayes, de Peter LaFarge). Je ne ferai pas l'impasse sur Anymore (écrit par Harry Stamper, syndicaliste et musicien) où l'on retrouve George Mann dans un registre proche de ses reprises de Woody Guthrie, ni sur Lonesome Plains écrit par une amie australienne de Mick, Charlotte Buckton. Un mot aussi sur les musiciens qui, à défaut d'avoir des noms qui résonnent, démontrent un talent certain. Je nomme Tim Ball (déjà cité, au violon), Rich DePaolo guitares, harmonies), Molly MacMillan (claviers, harmonies), Michel Wellen (batterie), Dave Davies (contrebasse, harmonies), Doug Robinson (basse électrique), ou encore les chanteuses Alice Saltonstall et Elbonee Stevenson. Toutes et tous contribuent à faire de Ghosts Of The Old West un disque qui réjouira les amateurs de folk et ceux de country, les fans de Woody Guthrie et ceux de Johnny Cash (qui peuvent être les mêmes).


 

 

Sam LEWIS

"Everything's Fine" 

Pour ceux qui suivent, j'avais chroniqué l'album Solo de Sam Lewis dans Le Cri du Coyote (n° 164, version papier). Puis, dans ces colonnes, en février 2022, ce fut le tour de Harley Kimbro Lewis (self-titled produit par Joe McMahan) avec Martin Harley et Daniel Kimbro. En 2024, Sam a publié Superposition, un peu passé inaperçu, avant de nous offrir cet opus d'excellente facture, Everything's Fine, produit une nouvelle fois par Joe McMahan à qui Sam avait fait écouter ses nouvelles compositions en janvier 2025. Joe est connu pour avoir travaillé avec des artistes aussi nombreux et divers que Stephen Simmons, Freedy Johnston, Kevin Gordon, Justin Townes Earle, Allison Moorer, Paul Burch, Sarah Siskind, Jeff Finlin, Gwil Owen, Jon Byrd, pour n'en citer que quelques-uns. Il a apporté son expertise instrumentale (guitares, claviers, percussion, dulcimer, pedal steel, basse, synthétiseur) aux dix compositions et co-compositions de Sam. Chris Carmichael ajoute des cordes sur Everything's Fine, JT Cure est à la basse et Derek Mixon à la batterie sur ce même titre et sur Making It Up. Le disque commence avec Chase The Moon et son introduction un peu planante avant que l'on retrouve le songwriter que l'on aime avec ses mélodies qui accrochent, son jeu de guitare au picking délicat et sa voix pleine de chaleur. I know se poursuit dans la même tonalité tranquille avant le morceau titre, à l'orchestration plus fournie. On notera encore un instrumental, Lischey's Retreat (du nom du chat de Sam) où Joe McMahan est au dulcimer des montagnes, ou encore les excellents Nothing Could Break Up Apart et I'll Never Be Enough For You, ainsi que The Light, un duo avec la chanteuse Judy Blank. Making It Up est avec My Life Living Me le titre le plus rock de l'album qui se termine avec une reprise, Three Country Highway des Indigo Girls (Amy Ray & Emily Saliers), unique titre où Sam est seul avec sa voix et sa guitare. Everything's Fine, mélodique et lumineux, confirme que Sam Lewis fait partie des trésors cachés américains.


 

 

Emily Scott ROBINSON

"Appalachia" 

Appalachia est le quatrième LP d'Emily Scott Robinson auquel on peut ajouter deux EP dont un live. Son label, Oh Boy Records créé par John Prine, est un gage de qualité. La voix d'Emily, pure et fragile à la fois, nous envoûte dès Hymn For The Unholy, tout un programme, avec ces mots: "je pense que les dieux rient avec nous, je pense que les étoiles sont de notre côté", et tant pis pour ceux qui aspirent à la sainteté! C'est ensuite le fiddle de Duncan Wickel qui introduit Appalachia avant un Sea Of GhostsEmily nous dit: "si tu cherches dans une mer de fantômes, je suis la fille qui porte du rouge". Cast Iron Heart, co-écrit avec Lizzy Ross est un duo avec John Paul White et un des moments forts de l'album, tout en émotion. Time Traveler évoque le vieillissement et le déclin cognitif d'une personne de 89 ans, la chanson est à la fois déchirante et pleine d'optimisme, elle touchera tous ceux qui ont été confrontés, de près ou de loin, à la maladie d'Alzheimer. Dirtbag Saloon, à tous points de vue, est une chanson country, avec les harmonies de Lizzy Ross, avant un Bless It All très dépouillé et d'une dimension quasi religieuse. Puis vient The Time For Flowers, l'espoir après une catastrophe ("Le temps pour les fleurs reviendra / Peut-être dans un an, peut-être dans dix / Il y a des jours où le désespoir vaincra / Mais le temps pour les fleurs reviendra"). Le classique The Water Is Wide est parfaitement dans la continuité du titre précédent, avec la voix de Duncan Wickel. C'est la seule composition non originale de disque qui se termine avec The Fairest View, introduit par l'harmonica d'Harmonica Jerry qui donne à ce titre une tonalité différente du reste de l'album, avec la voix d'Emily, doublée par celle de Lizzy Ross, qui va crescendo jusqu'au refrain final: "Et les cloches de l'église sonnent / Et vos sœurs chantent / Et les fiddles et la forêt / Et les créatures sont le chœur". Ce bien bel album a été produit par Josh Kaufman qui assure en plus la majorité de l'instrumentation (orgue, basse, guitare acoustique, guitare hi-string, guitare électrique, guitare à cordes nylon, guitare ténor, guitare douze cordes, dulcimer, harmonium, mandoline, percussion). Comme j'ai cité les autres participants, je n'omettrai pas Annie Nero (contrebasse) ni Otto Hauser (batterie et percussion). 


 

 

Andy COHEN + Eleanor ELLIS + William Lee ELLIS

"Whistlin' Past The Graveyard" 

Andy Cohen, Eleanor Ellis et William Lee Ellis sont des vétérans de la scène acoustique américaine, dont le domaine regroupe des territoires old-time, blues, gospel, ballades, ragtime et country. En 1993, ils avaient déjà publié sur cassette (rééditée en 2005 sur CD) un projet commun titré Preachin' In The Wilderness. Après avoir déroulé leurs carrières respectives, il reviennent avec Whistlin' Down The Wire (titre emprunté à une chanson de Tom Waits) riche de vingt-et-un titres dont cinq compositions originales (quatre de Bill Ellis et une d'Andy Cohen). Les trois chantent et jouent de la guitare. Bill y ajoute la steel guitar, la slide et la 12 cordes, et Andy la mandole, la dolceola (sorte de cithare à clavier) et le piano. Le disque commence avec le traditionnel Columbus Stockade et, au fil des plages, on croise Gene Autry et Hank Snow (Do Right Woman), Blind Arthur Blake (Police Dog Blues), Blind Lemon Jefferson (Shuckin' Sugar), Steve Earle (South Nashville Blues), Gary Davis et Scott Joplin (Make Believe Stunt), Furry Lewis (I Will Turn Your Money Green), Charlie Patton (I'm Goin' Home), Henry Thomas (Red River Blues). Williams Lee Ellis rend hommage à deux de ses influences dans ses compositions: Memphis Minnie And Me et Handful Of Frets (For Fats Weller). Cette énumération en dit beaucoup sur le contenu de l'album mais seule son écoute permet de resentir le plaisir partagé par les trois artistes.

 

Brock DAVIS

"Nothing Lasts Forever" 

J'avais beaucoup apprécié les deux premiers albums de Brock Davis, A Song Waiting To Be Sung (2022) et Everyday Miracle (2024). C'est donc avec une certaine impatience que j'attendais Nothing Lasts Forever, troisième opus du songwriter élevé non loin de Vancouver et désormais établi à Santa Cruz en Californie. C'est un disque riche de quatorze titres (tous écrits par Brock dont trois en coécriture) enregistré avec Zach Allen à Nashville. Accompagnant la voix et le piano de Brock, on trouve PatMcGrath (guitare acoustique et mandoline), Justin Ostrander (guitare électrique), Duncan Mullins (basse), Marcus Finnie (batterie), Russ Pahl (pedal steel), Michael Hicks (claviers), Trey Keller, Tania Hancheroff et Drea Albert (voix). Ces présentations faites, on peut écouter tranquillement Nothing Lasts Forever, un disque qui sent le vécu, le songwriter nous faisant partager des moments de sa vie marqués par l'amour et la rupture, la perte d'êtres chers, la famille. Le disque oscille en permanence entre folk, rock et country, entre chansons calmes et titres plus électriques. Ce qui cimente l'ensemble, en dehors de l'interprétation, c'est la qualité et la sincérité de l'écriture, sensible dès le vibrant All Of You (écrit par Brock pour sa femme: "Nous avons traversé beaucoup de choses ensemble, chaque jour je te connais mieux") et se poursuivant sur une tonalité différente et plus mélancolique avec Nowhere Near Ready, à propos d'un amour de jeunesse. I'll Be Your Alibi, Nothings Lasts Forever, Laughin' Til You Hurt, One Paycheck Away, sont des titres rocks alternant avec des ballades plus acoustiques: My Beautiful Bride, I'm Glad You Left Me, Miracle On The Hudson (inspiré par un fait-divers aéronautique célèbre), Make Your Own ChanceBrock nous dit, sans pour autant s'apitoyer sur lui-même: "mon monde s’est effondré, et je me suis effondré si violemment". Beaucoup de ces titres comportent une bonne part autobiographique comme Daddy's Girl où l'artiste nous peint à la fois le bonheur et la difficulté d'être père. Vient ensuite le nostalgique Christmas (Going Home) qui raconte un retour à la maison, à Noël, après une longue absence, dans un Greyhound bus. Le morceau de clôture, A Daughter, mi-parlé, mi-chanté, est lui aussi autobiographique, Brock Davis narrant des souvenirs d’enfance vivaces, notamment la découverte d’une sœur aînée après le décès de sa mère. Nothing Lasts Forever est un album riche et sensible dont la chaleur est communicative en cette fin d'hiver. 


 

lundi 7 février 2022

Du côté de chez Sam

SPIKE FLYNN 

"Lunchtime At La Cantina" / "Mostly Smoke And Mirrors" 

Je vous avais laissés avec Spike FLYNN et Postcards From The Heart, son quatrième album, paru en février 2021, dans le numéro 168 du Cri du Coyote. Depuis, il a publié Lunchtime At La Cantina et Mostly Smokes And Mirrors à l'automne, à deux semaines d'intervalle. Ne croyez cependant pas que la qualité en a souffert. Spike semble avoir accumulé assez de compositions pour continuer à nous proposer d'excellents albums. De source bien informée (l'artiste lui-même) un autre disque serait envisagé pour les premiers mois de 2022. Le premier des deux albums est conforme à ce que l'on connaît de Spike. Sa voix éraillée navigue sur le fil de mélodies, entre folk et blues, portées par ses guitares acoustiques, avec l'appoint non négligeable de Gary Brown (guitare slide) et Andrew Clermont (fiddle, parfois jazzy, et mandoline). Pour mon grand plaisir, il y a The Mill, longue ballade de plus de sept minutes, comme peu de songwriters actuels savent nous en offrir. Le second disque est le premier de pure country musique de Spike, dont beaucoup de compositions sont inspirées par le genre, sans en revêtir nécessairement la forme. Pour l'occasion, Gary Brown a sorti sa pedal steel et son résonateur, Tony Eyers son accordéon, et Maryanne Burton y ajoute de belles harmonies vocales. Cette country made in Australia est une belle réussite, à l'image de May Your Sun Always Shine, qui en appelle d'autres. 

 

P.J LE MOAL 

"Stop ou encore" 

Patrick Le Moal nous délivre de temps à autre une carte postale depuis Toulouse, et ce Stop ou encore confirme qu'il fait partie, au même titre que son ami Jefferson Noizet, des meilleurs artistes musicaux de langue française. Il a toujours la même voix de bluesman qui traîne et nous entraîne au fil des accords d'une guitare qu'il manie, ma foi, fort bien. Il comble le vide laissé par Higelin ou Bashung, sans en avoir le succès, alors même que son œuvre est d'une qualité qui ne se dément jamais. Ses textes sont toujours aussi forts et finement travaillés, et incitent l'auditeur à réfléchir avec des armes que sont le second degré et la suggestion: "Des portes s'ouvrent et d'autres claquent / Le progrès est un leurre, juste un slogan / Hurlé par un savant en frac / A la vérité / Seul le changement" (Seul le changement). Les couleurs du disque changent au fil des titres. Parfois, un harmonica vient discrètement nous enchanter (Cactus & tequila), souvent ce sont les guitares d'Oswald Rosier (excellent) et Patrick qui se répondent soutenues par la basse de Dan Collet et la batterie de Franck Ridacker. À une ballade mélancolique (Au milieu du pont) succède un blues-rock (Vagabond) dans lequel P.J confesse chercher "un sens à tout ça". L'humour n'est jamais loin, parfois pour tenir éloigné un désespoir qui ne demande qu'à prendre le pouvoir de nos sociétés. Dans Immortel, la question "Immortel c'est combien? / Combien d'infirmières, combien de vaccins?" nous renvoie à une actualité pesante mais, quand l'artiste chante J'aime tout le monde même la Joconde, au-delà du clin d'œil, personne ne le croit vraiment. En revanche, s'il s'agit de décider Stop ou encore, le choix est simple à faire et je n'hésiterai pas à affirmer que ce disque est un des meilleurs de ces dernières années parmi ceux chantés dans notre langue. 

 

(self-titled) 
 
Martin Harley et Daniel Kimbro se sont rencontrés par l'entremise d'un ami commun, Sam Lewis et ont enregistré une paire d'albums ensemble (dont l'excellent Live At Southern Ground). Martin, originaire de Cardiff a une longue et riche carrière qui l'a amené à traverser les océans, du Mali à Nashville en passant par l'Australie, à la recherche des racines du blues. Daniel a, quant à lui, contribué, armé de sa contrebasse, à beaucoup de beaux projets parmi lesquels les plus récents sont Earls of Leicester ou le Jerry Douglas Band (notamment avec John Hiatt pour Leftover Feelings). Sam a été surnommé le Townes Van Zandt moderne et a publié quatre albums solo dont le dernier, intitulé précisément Solo, a été chroniqué dans le Le Cri du Coyote (#164). Les trois sont réunis pour un beau moment de partage où chacun apporte son propre talent sans chercher à tirer la couverture à lui. Les trois chantent (quatre chansons chacun) et composent (ensemble ou séparément). Si Sam se contente d'une guitare acoustique sur deux de ses compositions et de quelques percussions, Martin démontre ses qualités aux guitares (acoustique et électrique, Weisssenborn, résonateur, lap steel, slide) tandis que Daniel apporte un solide assise avec sa contrebasse (mise en vedette dans Creepin' Charlie) sans négliger guitares, banjo et synthétiseur. Ce super-groupe (par le talent à défaut de noms qui résonnent) nous offre un disque réjouissant de bout en bout, riche d'influences diverses, avec de vrais beaux moments comme Neighbors (Sam), Cowboys In Hawwaii (Martin) ou I Gotta Chair (Daniel).
 
 

David STARR 

"Touchstones" 

David Starr est connu pour ses qualités de guitariste et de songwriter et sa belle discographie en témoigne. Au moment de la publication de son album Beauty & Ruin (début 2020, cf. Le Cri du Coyote #165), il a dû comme les autres renoncer aux concerts et à la promotion de son disque. En 2021, il a donc mis à profit le confinement pour enregistrer et publier en ligne des titres qui lui tenaient à cœur. Les voici réunis dans Touchstones, onze reprises et une composition, où David se mue en interprète des autres. Entre Every Kinda People d'Andy Fraser (Robert Palmer) et One (U2), on rencontre les meilleurs: Bob Dylan (Gotta Serve Somebody), Jackson Browne (These Days), Van Morrison (Someone Like You), John Prine (Angel From Montgomery), Gladys Nights & The Pips (I've Got To Use My Imagination de Gerry Goffin & Barry Goldberg), The Cars (Drive), J.J. Cale (Magnolia), Blind Willie McTell (Statesboro Blues) et John Hiatt (Feels Like Rain). On peut difficilement faire mieux en douze titres parmi lesquels Cabo San Lucas de David ne dépare pas. La voix est inspirée, pleine d'âme, et les accompagnateurs, la fine fleur de Nashville, sont à la hauteur. Citons Dan Dugmore (pedal steel), Mark Prentice (basse, claviers et co-production), Jimmy Mattingly (fiddle) ou encore Irene Kelley et John Oates (voix). Les effets collatéraux de la pandémie peuvent parfois être positifs sur le plan musical. 

 

Steve DAWSON 

"Gone, Long Gone" 

Il existe au moins un autre Steve Dawson talentueux songwriter originaire de Chicago. Celui-ci est canadien de Vancouver, bien implanté à Nashville et on le connaît surtout comme producteur et multi-instrumentiste. Son précédent album solo (Lucky Hand) était instrumental. Avec Gone, Long Gone, il produit son premier opus de chansons depuis 2016, avec une nouveauté: il s'est associé avec quelqu'un d'autre pour l'écriture. En effet, en dehors de la réjouissante reprise de Ooh La La des Faces et de deux instrumentaux, tous les titres sont signés Steve Dawson / Matt Patershuk (dont je vous recommande une nouvelle fois l'album An Honest Effort (produit par Steve Dawson). On connaît le talent de Steve quand il s'agit d'instruments à cordes: guitares acoustiques, électrique, slide, pedal steel, Weissenborn, National. Il y ajoute ukulélé sur Kulantapia Waltz et claviers (mellotron, Farfisa, pump organ) sur I Just Get Lost. Parmi les musiciens qui participent, on note particulièrement Allison Russell et Keri Latimer (voix), Fats Kaplin (fiddle) Kevin McKendree et Chris Gestrin (claviers) Jay Bellerose et Gary Craig (batterie), Jeremy Holmes (basses). Voici un disque qui s'écoute avec un réel plaisir à l'image de son morceau-titre où Steve est accompagné d'un quatuor à cordes (virtuel car joué par les seuls Ben Plotnick et Katlyn Raitz).