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mercredi 17 septembre 2014

De Nashville à Nancy, Irene Kelley






Le nom d'Irene Kelley m'est familier depuis longtemps. Je l'ai rencontré souvent, dès le début des années 1990, parmi les crédits de chansons interprétées par d'autres. Rhonda Vincent, Claire Lynch, Mark Newton, artistes bluegrass de renom, mais aussi le songwriter Pierce Pettis avec qui elle a coécrit un titre pour l'album "Great Big World" font partie des gens avec lesquels elle a collaboré ou/et pour qui elle a écrit des chansons. Ce n'est en fait qu'avec la parution du premier volume de la saga historique de Thomm Jutz, "The 1861 Project", que j'ai compris qu'Irene Kelley chantait, et de fort belle manière: un titre, "Horse Without A Rider" a suffi à m'en convaincre.

Native de Latrope, en Pennsylvanie, Irene a débuté dans un groupe qui chantait des reprises de Led Zeppelin avant de se sentir attirée par la country music (elle aurait aimé chanter du Dolly Parton avec son groupe, ce qu'elle ne put faire; pour l'anecdote, plus tard, Dolly fit une reprise de "Stairway To Heaven"). Une de ses premières compositions, "Pennsylvania Is My Home" lui permit d'acquérir un début de notoriété, elle envoya des maquettes aux maisons d'édition de Nashville où elle finit par s'établir. Elle enregistra un album entier pour MCA, qui ne publia que deux singles, mais elle continua à écrire, avec succès, pour les autres tout en élevant ses deux filles, Justyna et Sara Jane.

C'est en 1999 que son premier album "Simple Path" fut publié sur son propre label avant d'être réédité en 2001 par Relentless Nashville.

Il comporte onze titres, tous coécrits par Irene Kelley:
  1- A little bluer than that (Irene Kelley / Mark Irwin)
  2- O Mexico (Irene Kelley / Michael Joyce)
  3- Not so different after all (Irene Kelley / Jeff Hughes)
  4- Scorns of time (Irene Kelley / Claire Lynch)
  5- It wasn't me (Irene Kelley / Mark Irwin)
  6- Dancin' shoes (Irene Kelley / Dave Gillon)
  7- Pilgrim in the rain (Irene Kelley / Kim Richey)
  8- Constant state of grace (Irene Kelley / Darrell Scott)
  9- Jealousy (Irene Kelley / Claire Lynch)
10- One fine day (Irene Kelley / Kim Patton-Johnston)
11- Never lookin' back (Irene Kelley / Billy Smith / Terry Smith)

Aux côtés d'Irene, sur cet album produit par Scott Neubert, on entend Bob Mummert (batterie), Joey Click (guitare basse), Victor Krauss (contrebasse), Aubrey Haynie (violon), Brent Truitt (mandoline), Scott Neubert (guitares électrique et acoustique, dobro, lap steel, mandoline) Peter Hyrka et Daniel Nadasdi (accordéons), Claire Lynch, Tim Hensley, Craig Fuller, Mel Besher et Kim Patton-Johnston (harmonies).
Ce premier disque, qui confirme les talents d'écriture de la dame, démontre à ceux qui en doutaient (au premier rang desquels figurent les deux grandes compagnies discographiques qui ne lui ont pas vraiment donné sa chance) qu'elle était née pour chanter. "Simple Path" est un album sans fioriture inutile, plein de mélodies inspirées portées par une voix qui surfe souvent sur la vague de l'émotion. Un beau premier pas.

En 2004, parait le second album, "Thunderbird" qu'Irene co-produit avec Scott Neubert. Celle fois encore, il y a onze titres, tous écrits ou coécrits par Irene Kelley:


  1- Highway (Irene Kelley / Claire Lynch)
  2- If I had any strength at all (Irene Kelley / Mark Irwin)
  3- Cold all the time (Irene Kelley / Bill Anderson)
  4- Somebody let the water in (Irene Kelley / Billy Crane)
  5- Thunderbird (Irene Kelley / Billy Smith)
  6- My sun and moon (Irene Kelley / Lisa Aschmann)
  7- Big girl now (Irene Kelley / Bernie Nelson)
  8- Burn down the house (Irene Kelley / Rand Bishop)
  9- Might unbreak my heart (Irene Kelley / Trent Summar)
10- Comin back from the moon (Irene Kelley)
11- I pray (Irene Kelley / Billy Yates)

On retrouve quelques-uns des partenaires de "Simple Path", tant parmi les co-auteurs que parmi les musiciens: Scott Neubert (guitares électrique et acoustique, dobro, lap steel, Tacoma papoose, mandoline), Bob Mummert (batterie), Mike Chapman (basse électrique), Mark Fain (basse acoustique), Stuart Duncan (violon et mandoline), Brent Truitt (mandoline), Claire Lynch, Jon Randall Stewart et Rodney Crowell (harmonies). La présence de ce dernier sur le titre "If I Had Any Strength At All" et une forme d'hommage au Hot Band et aux duos d'Emmylou et Gram.


Après ces deux albums country, Irene avait en elle le désir de faire un album plus orienté bluegrass, correspondant vraiment à ses racines, avec quelques-uns des meilleurs musiciens du genre. Mark Fain, qui a une carte de visite impressionnante (il a entres autres longtemps été le bassiste de Ricky Skaggs), fut chargé de la production et "Pennylvania Coal" vit le jour au début de l'an 2014. Il a été pour moi l'objet d'une grande frustration parce que j'aurais voulu en faire la chronique pour "Le Cri du Coyote". Hélas, l'ami Dominique Fosse, spécialiste incontestable de la musique de l'herbe bleue avait pris les devants pour en faire l'éloge, de fort belle manière (même si je me dois de lui faire remarquer - mesquine vengeance - que le batteur, à l'exception du titre bonus, est Lynn Williams et non Pat McInerney). L'album comporte, comme les précédents, onze titres, avec en plus un bonus qu'Irene chante avec ses deux filles:


  1- You don’t run across my mind (Irene Kelley / Peter Cooper)
  2- Feels like home (Irene Kelley / Peter Cooper)
  3- Pennsylvania coal (Irene Kelley / Thomm Jutz)
  4- Breakin’ even (Irene Kelley / Mark Irwin)
  5- My flower (Irene Kelley / Justyna Kelley)
  6- Rattlesnake rattler (Irene Kelley / Thomm Jutz)
  7- Sister’s heart (Irene Kelley / Jon Weisberger)
  8- Things we never did (Irene Kelley / David Olney / John Hadley)
  9- Angels around her (Irene Kelley / Billy Yates)
10- Better with time (Irene Kelley / Justyna Kelley / Peter Cooper)
11- Garden of dreams (Irene Kelley / David Olney / John Hadley)
          Bonus track
12- You are mine (Irene Kelley / Justina Kelley / Sara Jean Kelley)

Les instruments traditionnels du bluegrass sont là, tenus par des maitres du genre. Mark Fain est à la basse, Bryan Sutton à la guitare et au banjo ainsi qu'au dojo (banjo avec résonateur) sur un titre, Stuart Duncan au violon, Adam Steffey à la mandoline. Par rapport à une formation de bluegrass traditionnel, on a en plus la batterie de Lynn Williams (qui ne dénature pas l'ensemble). Participent également Thomm Jutz à la guitare, Jeff Taylor à l'accordéon et au hammer dulcimer, Irina jouant de l'autoharpe sur un titre. Ajoutons Scott Neubert (dobro) et Pat McInerney (batterie) pour la chanson bonus. Quant aux harmonies, elles sont assurées par un véritable who's who: Dale Ann Bradley, Steve Gulley, Claire Lynch, Justina Kelley, Trisha Yearwood, Bonnie Keen, Darren Vincent, Carl Jackson, Jerry Salley, Rhonda Vincent et Chip Davis. Un casting de rêve pour un grand et beau disque. Et quand on voit que les coauteurs s'appellent Peter Cooper, John Hadley, David Olney, Jon Weisberger et quelques autres, on a une idée du niveau de ce disque, un des meilleurs de la musique americana en 2014.


Pendant quelques-jours, Irene Kelley est en Europe où elle se produit avec sa fille Justyna. La Belgique, Paris, l'Italie, Disneyland Paris, et Nancy, pour terminer, le 20 septembre, seront ses étapes. Belle occasion de faire connaissance avec une artiste qui n'a pas encore chez nous la reconnaissance que son talent mérite.



lundi 14 avril 2014

Gordie Tentrees au Clou du Spectacle

C'est le mercredi 17 avril que Gordie Tentrees se produira au Clou du Spectacle, à Nancy. Ce sera pour lui l'occasion de présenter son dernier album "North Country Heart" paru en 2012 accompagné de Fabian Brook (violon, guitare, harmonies) et Aiden Tentrees (contrebasse, harmonies).


L'album comprend les titres suivants, tous écrits par Gordie:
  1- Gypsy wind
  2- Wheel & wrench
  3- North country heart
  4- Holy Moly
  5- Black seeds
  6- Hill country news
  7- Litte guy
  8- Last word
  9- Skinny trees
10- Lone sparrow
11- Sideman blues
12- Wasted moments

Aux côtés de Gordie (guitare acoustique, harmonica, dobro, chant), on trouve Patrick Hamilton (batterie, banjo), Bob Hamilton (contrebasse, pedal steel, guitare électrique 12 cordes, banjo ténor, anches, harmonies), Ken Hermanson (guitare vibrato, slide électrique, Telecaster, lap steel, banjo, harmonies), Sarah Macdougall (harmonies), Kanya McQueen (harmonies), Annie Avery (harmonium, piano, orgue), Micah Smith (Würlitzer), Aiden Tentrees (contrebasse).


J'avais découvert Gordie Tentrees un peu par hasard en 2010 parce que ce Canadien du Yukon avait fait une tournée avec l'ami Indio Saravanja. C'était l'époque de l'album "Mercy Or Sin" que j'avais chroniqué pour Xroads (#34).




GORDIE TENTREES ***
Mercy Or Sin
Gorrdie Tentrees / CD Baby
Folk rock canadien 
Je me demande si je ne vais pas aller planter ma cabane au Canada, tellement la scène musicale de ce grand pays qui n'est pas le mien recèle de richesses. Il suffit de se pencher pour cueillir un nouveau groupe, un nouveau songwriter. Gordie Tentrees, après avoir fait partie de la première catégorie avec son Gordie Tentrees Band (voir le très rock "29 Loads Of Freight") se range maintenant dans la seconde aux côtés de Leeroy Stagger ou Indio Saravanja, quoique, chez lui, on ne soit jamais loin de l'explosion rock & roll, à la manière d'un Fred J. Eaglesmith. "Mercy Or Sin" démarre tranquillement avec "Alfred", ballade country assez traditionnelle finalement mais, dès le titre suivant, "No Integrity Man", quelque chose de différent se passe. Un banjo, un dobro, une voix et puis, sans avoir l'air d'y toucher, Gordie torture la mélodie pour lui faire avouer tout ce qu'elle cache. Nous voilà dans une ambiance cowpunk, ou punkgrass, pour situer. Au long des douze titres du CD, Gordie alterne les ambiances. "Devil Talks", ainsi, est un boogie que n'aurait pas renié le Canned Heat de Bob Hite. "Rambling's Gonna Be The Death Of Me" est un blues lancinant auquel les interventions de Ken Hermanson (lap steel) et Sarah Hamilton (violon/viola) confèrent un climat très particulier. Dans le registre des réussites, il y a aussi le morceau titre, ballade proche du répertoire d'Indio Saravanja, où la co-compositrice Jennie Sosnowski vient chanter en duo. Indio lui-même est à l'honneur avec la reprise (je devrais plutôt parler de dynamitage) de son "Same Old Blues" pour lequel Gordie, qui ne joue que des instruments acoustiques sur ce disque, reçoit le renfort des seuls Ken Hermanson (guitare électrique) et Matt King (basse acoustique). Le Yukon était connu pour la ruée vers l'or, il faudra maintenant ajouter Gordie Tentrees au catalogue de ses richesses.

 À ranger juste au-dessous de Fred Eaglesmith, près de Leeroy Stagger et Indio Saravanja.


Pour être complet, Gordie Tentrees a publié 3 autres albums. Le premier, enregisté sous le nom de de Gordie Tentrees Band, est paru en 2005 et s'appelle "29 Loads Of Freight". Le deuxième, "Bottleneck To Wire" (2007) prend des couleurs plus roots. Quant à "Naked In Scandinavia", il a été enregistré le 3 juin 2011, à la fin d'une tournée européenne de 75 dates. Gordie y est seul avec sa voix et ses instruments et le seul renfort, sur un titre, de Sarah Macdougall au mélodica et aux harmonies.







Si vous passez par la Lorraine, faites un crochet par ce sympathique bar qu'est le Clou du Spectacle, place des Vosges à Nancy.

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