jeudi 4 avril 2019

Baptiste W. Hamon, de Chablis à Austin



Le deuxième LP de Baptiste W. Hamon paraît en ce vendredi 5 avril. Il a été précédé de quelques semaines par De mille feux,  un EP (disponible sur les plates formes digitales) de quatre titres dont deux (Le temps passe et Aimée) ne figurent pas sur Soleil, Soleil Bleu. Il annonçait un changement de style (du moins pour ceux qui aiment les étiquettes et ne percevaient Baptiste que comme un cowboy français) qui confirme que l'artiste refuse de s'enfermer dans un genre.



Le LP ne comporte que neuf titres et c'est le seul reproche que j'ai envie de lui adresser. Il peut dérouter certains (cf. plus haut) mais il est une suprbe confirmation d'un vrai talent. Soleil, soleil bleu, la chanson, et surtout Je brûle, mi-parlé mi-chanté (une collaboration avec Mark Daumail qui a donné son titre à l'EP), révèlent de nouvelles facettes de Baptiste. Ces titres sont comme de délicieux coups de poing à l'estomac. Coming home, une ballade folk-rock, est la seule chanson en Anglais (Baptiste dit souvent qu'il rentre à la maison quand il arrive au Texas). Hervé figurait déjà sur le premier EP, Quittter l'enfance, mais il bénéficie cette fois d'un invité de marque, Monsieur Miossec, pour une superbe relecture. Bloody Mary, avec une ambiance un peu mécanique et lancinante, évoquant une nuit épaisse, doit son titre à une substance dont certaine loi interdit de faire de la publicité. Il y a un contraste, du moins dans la couleur musicale, avec le mélancolique J'aimerais tant que tu reviennes et son introduction à la pedal steel guitar qui démontre que l'Amérique n'est jamais bien loin des bords de l'Yonne. La personne aimée est sans doute revenue puisque le titre suivant s'appelle Comme on est bien. Encore une ambiance différente portée par des claviers addictifs. Mon capitaine pourrait s'intituler Will Oldham, le retour. C'est un duo, mais pas à la mode classique, Will assurant ici un contre-chant qui donne à la mélodie un aspect aérien. Du grand art. Le disque se clôt avec un Le visage des anges qui commence par ces mots parlés, "souvenirs de brumes de novembre…", avant que les instruments ne fassent leur entrée les uns après les autres. Pour moi, les paroles de cette chanson mériteraient de figurer dans une anthologie de la poésie française. Cela dit, tous les textes de l'album sont de haut niveau. Baptiste Hamon fait partie de cette nouvelle génération d'auteurs-compositeurs pour qui culture et syntaxe ne sont pas des mots obscènes. Et si Soleil, soleil bleu n'est sans doute pas un disque que l'on peut classer dans le genre americana, malgré la présence d'influences certaines, c'est certainement un pont jeté entre les genres qui les transcende et les met en lumière, un disque condamné au succès.




Pour mémoire, voici les chroniques des disques précédents de Baptiste, toutes publiées dans Le Cri du Coyote que personne n'accusera de surfer sur la vague du succès.


Le Cri #143
Quitter l'enfance



Je ne connaissais pas Baptiste avant de le voir récemment, en ouverture d'un concert d'Eric Taylor. A priori, un moment un peu pénible en attendant la vedette de la soirée. Et puis il est apparu, avec un physique à la Matthew McConaughey dans Dallas Buyers Club et, surtout, coiffé d'une casquette estampillée Chablis qui me l'a rendu immédiatement sympathique. La partie était presque gagnée pour celui qui est pour moi la belle révélation ce cet automne. Baptiste Walker Hamon a été nourri au biberon du folk américain, de Dylan à Cohen, en passant par Townes Van Zandt, avant de véritablement découvrir la chanson française. Il a commencé par écrire des chansons en anglais mais a fini par choisir sa langue maternelle et son premier EP (six titres) démontre qu'il a eu raison. Trois titres ont été produits par Baptiste au Texas avec un groupe de bluegrass local, les trois autres par Frédéric Lo, à Paris, avec des musiciens français, mais aussi Steve Wickham (Waterboys) au violon. Les textes font souvent référence à l'enfance et baignent dans une douce nostalgie post-adolescence, les mélodies sont belles à pleurer et les mots s'y posent avec une délicatesse rare, portés par la diction impeccable de l'artiste. Les bords de l'Yonne et Van Zandt sont deux titres qui résument bien la démarche de Baptiste W. Hamon. Après Jefferson Noizet, il démontre de bien belle manière que l'americana de langue française a de beaux jours devant lui.


Le Cri #144
Ballade d'Alan Seeger - Chansons sur la Grande Guerre



Peu après son premier EP Quitter l'Enfance, et avant de s'envoler pour les USA afin d'enregistrer son premier LP, Baptiste Hamon nous revient avec Ballade d'Alan Seeger, un disque 5 titres en hommage à ceux qui ont souffert il y a un siècle, à Verdun ou ailleurs. Bobby déserteur a été inspiré par la lecture de la Main Coupée de Blaise Cendrars. Tranchées et Hinderburg s'inspirent librement des carnets privés du soldat Louis Hamon (arrière-grand-père de Baptiste). I Have A Rendezvous With Death est un poème d'Alan Seeger (oncle de Pete) mort dans la Somme en 1916, superbement mis en musique par Baptiste qui lui a également consacré le morceau titre. C'est (trop) court, c'est du grand art, de la musique country-folk à la française avec des textes et des mélodies qui sortent du lot, servis par des musiciens à l'unisson. Voici une belle confirmation qui génère une véritable attente.


Le Cri #147
Nouvel été



Troisième EP de Baptiste Hamon, Nouvel Été confirme l'immense talent de cet auteur-compositeur dons les racines vont de Paris au Texas en passant par Chablis. Quatre titres seulement, dont deux déjà connus (Peut-être que nous serions heureux et Van Zandt) et réenregistrés à Nashville composent ce disque qui permet d'attendre avec moins d'impatience un premier LP prévu pour début 2016. Les deux autres titres (Terpsichore et Maria Chapdelaine) démontrent que l'on peut aborder en musique des sujets plutôt littéraires sans être ennuyeux. Un mot sur les musiciens: outre les amis Alexandre Bourit et Alma Forrer, on note les noms de Billy Contreras, Jared Reynolds ou Pete Finney qui ont auparavant officié avec (liste non exhaustive) Charlie Louvin, Justin Townes Earle, Patty Loveless, Phil Lee… Vous ne serez pas étonnés de savoir que je salive en attendant la suite!


Le Cri #149
L'insouciance



Tout a commencé comme un bruissement, comme un souffle entretenu par le Cri du Coyote qui a présenté les trois EP de Baptiste W. Hamon (numéros 143, 144 et 147). Et puis c'est devenu une rumeur, quelque chose d'incontrôlable, au point que Télérama, Alcaline et même l'Académie Charles Cros se sont emparés de la chose pour relayer ce qui devient une certitude: Baptiste a tout pour devenir un des grands de la chanson française. Il est de ceux (rares) qui se nourrissent avec bonheur d'une double culture, représentée par deux symboles: la casquette Chablis pour l'aspect terroir à la française (la photo qui illustre la premire page du livret est à cet égard révélatrice); le W (pour Walker) intercalé entre son nom et son prénom, qui résume son amour pour Townes Van Zandt, le Texas et la musique, folk ou country, américaine. Le premier LP de Baptiste, L'insouciance (titre dans le prolongement de celui du premier EP Quitter l'enfance), a été enregistré à Nashville par Mark Nevers, une référence. Ceux qui suivent depuis le début seront en terrain familier. Trois titres faisaient déjà partie de l'EP Nouvel été, dont Van Zandt et Peut-être que nous serions heureux - avec la lumineuse Alma Forrer - qui avaient déjà été publiés avec d'autres arrangements. Il en est de même pour La ballade d'Alan Seeger ou Comme la vie est belle (cette fois-ci en duo bilingue avec Will Oldham). Joséphine était également un titre connu en concert ou sur youtube. Il y a donc une certaine frustration de ne pas découvrir davantage de titres nouveaux mais l'ensemble est tellement riche est cohérent que ce sentiment s'efface vite. Le bonheur de jouer est de chanter est ressenti à chaque instant, Baptiste joue les chefs d'orchestre à l'ancienne (bluegrass, jazz), invitant les musiciens à prendre le solo: "take it Billy" (Contreras, au violon), "take it Ryan" (O'Donnell, à la guitare). Musicalement, l'album balance sans heurt entre americana et chanson française presque traditionnelle, avec comme dénominateur commun des textes très travaillés et un maniement de la langue que n'auraient pas renié Brassens et Ferré. Les référence littéraires ou mythologiques, de Faulkner à Terpsychore,  voisinent sans problème avec des chansons d'amour plutôt nostalgiques (Tu n'en voulais pas). On notera aussi la seule chanson en anglais, It's Been A While, en duo avec Caitlin Rose. L'insouciance est un vrai grand beau disque, un tremplin aussi vers une grande carrière pour un artiste comme on en rencontre par ici, au mieux, qu'une fois tous les dix ans.


C157
Ballade d'Alan Seeger - Chansons sur la Grande Guerre (2018)



Il se passe toujours de belles choses en France. Dans le numéro 144 du Cri, j'avais présenté Ballade d'Alan Seeger – Chansons sur la grande guerre de BAPTISTE W. HAMON. Cet EP vient d'être réédité chez Midnight Special Records avec l'addition d'une reprise de La chanson de Craonne et une version vinyle (https://baptistewhamon.bandcamp.com). Idéal pour célébrer le centenaire de la fin de la Grande Guerre, en attendant le deuxième LP de Baptiste.

vendredi 15 mars 2019

Cri de printemps

Le Cri du Coyote de printemps (# 160) va arriver dans les boîtes aux lettres dans quelques jours avec, comme d'habitude, beaucoup de bonnes et belles choses à lire.

Il y aura, bien sûr, des rubriques pour les amateurs des musiques américaines, country, rock & roll, bluegrass, blues... On lira aussi avec plaisir des chroniques de disques, dont la présence ne répond à aucun impératif commercial mais seulement à l'amour que les rédacteurs portent à la musique et à celles et ceux qui se battent pour être entendus.

Je vous ai une nouvelle fois préparé un "Du côté de chez Sam" (le quatrième) bien fourni, avec quelques belles découvertes, des artistes connus et d'autres qui le sont moins.

Pour ce trimestre particulièrement riche, j'ai sélectionné quatre "Cris du Cœur" dont je vous offre un aperçu.

Commençons par Kalyn Fay qui nous vient d'Oklahoma, avec Good Company, son deuxième album.


"... Kalyn Fay serait la révélation de l'année si elle n'avait déjà publié en 2016 l'excellent Bible Belt. Avec Good Company (Horton Records), je parlerai donc plutôt de confirmation pour cette chanteuse d'origine Cherokee...".


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Eric Brace, Peter Cooper et Thomm Jutz ont déjà un long parcours derrière eux, en solo, en groupe, en duo. Riverland est leur deuxième album en formule trio.





"... Dire que Riverland est un des grands disques du moment est un euphémisme...".



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Dany Schmidt, que j'avais découvert à la Pomme d'Ève en 2007, ne cesse de nous délivrer des albums plus beaux les uns que les autres. Son dernier opus, Standard Deviation , ne fait pas exception à la règle.



"...son huitième album solo en studio, auquel s'ajoute un disque en duo avec son épouse Carrie Elkin, en apporte une nouvelle et éclatante confirmation. Il est à l'image de l'homme, élégant et harmonieux  ...".


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Mon quatrième Cri du Cœur est pour Phil Lee qui s'est, pour l'occasion, associé à la section rythmique de Crazy Horse, Billy Talbot et Ralph Molina. Phil Lee & The Horse He Rode In Horse, tel est le titre du disque auquel se sont joints beaucoup de musiciens prestigieux.


"... Phil aimerait revenir se produire en France, accompagné de Billy & Ralph. Des amateurs? ..."


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Pour en savoir plus, surveillez votre facteur ou abonnez-vous! (cricoyote@orange.fr).





vendredi 18 novembre 2016

Chapeau bas, Éric Frasiak

SOUS MON CHAPEAU




"Chroniques" est sans doute le disque que j'ai le plus écouté, notamment tout au long de l'année 2013. Depuis, j'attendais, sans impatience, la suite à ce petit chef d'œuvre. Bien sûr, Éric Frasiak a su faire patienter ses supporters, d'abord avec "Mon Béranger…", puis avec son DVD enregistré au Théâtre de Bar le Duc qui levait un peu le voile sur ce qu'il cachait sous son chapeau avec six titres inédits jusque là. Il avait aussi, en guise de clin d'œil, publié un autre titre, "C'est beau Noël", sur internet.

"Sous mon chapeau", puisque c'est son titre, est là, enfin. Dès les premières notes, on retrouve l'univers musical bien particulier qui est celui de Frasiak. Quelques notes de guitare suffisent pour que l'on se retrouve là où on avait laissé le troubadour ardenno-meusien quatre ans plus tôt. Il ne faut pas croire cependant que rien n'a changé et qu'il se contente de ronronner.

Le premier changement tient à la notoriété d'Éric. Il ne parade certes pas dans les grands médias télévisuels mais son noyau de fidèles s'est élargi depuis deux ans. Son agenda est bien rempli et les kilomètres défilent au compteur de sa voiture. Sa notoriété a grandi sans qu'il fasse la moindre concession, en restant lui-même, authentique et sincère. Il fait partie des voix que l'on a envie, que l'on a besoin d'entendre, parce que le monde a changé. Il fait désormais partie des voix qui comptent. Les attentats, les guerres, la crise des réfugiés fuyant leur pays par dizaine de milliers, l'attitude hégémonique de la Russie de Poutine, M. Boulot toujours aux abonnés absents, la surenchère racoleuse de nos politiques, tout cela est source d'inspiration

Le premier titre, qui donne son nom à l'album est frappé au coin de la nostalgie, on y retrouve un peu l'esprit de "J'traîne" avec un effet crescendo qui nous amène à l'une des chansons fortes du disque, "Migrant", évocation d'un des grands drames du moment, à la fois en raison de ce que vivent les réfugiés et en raison des phénomènes de xénophobie qui se libèrent sans complexe autour de nous. Le rythme évoque l'Afrique pendant que les mots décrivent "dans ce bateau de misère, 500 visages d'effroi".



Avec "Colonie 6", c'est le goulag des temps modernes, celui de la Russie de Poutine, qui est évoqué. Le violon (Philippe Girardon), le violoncelle (Patrick Leroux) et le bugle (Patrice Lerech) donnent à ce titre une couleur musicale que l'on retrouvera par la suite.

Nostalgie à nouveau avec "Hôtel Richelieu", c'est la jeunesse en flashback, avec ses espoirs et son insouciance, c'est le temps où l'on croit que tout est possible.

"T'as c'qu'il faut" est une ode à la femme aimée, une forme de blason plein de pudeur et de tendresse comme un Brassens savait bien les écrire, mais avec les mots de Frasiak (et un joli solo de guitare électrique de Jipé).

"Espèce de cons" n'a pas besoin de commentaire, le titre dit tout. La connerie sous toutes ses formes est ici dénoncée avec un sourire fortement teinté de jaune. C'est l'occasion, pour ceux qui ne le connaitraient pas encore, d'entendre Jérémie Bossonne, un auteur compositeur interprète dont on reparlera, assurément, et qui chante ici en duo. Le public de Bar le Duc avait eu la chance de l'entendre à l'été 2015 dans le cadre d'une "carte blanche à Éric Frasiak".

"Je t'écris" est un beau moment de poésie et de tendresse, une belle mélodie, une guitare acoustique apaisée, une respiration qui se poursuit avec l'humoristique "C'est beau Noël" qui dénonce avec le sourire le côté mercantile de cette fête dévoyée depuis longtemps de son sens originel. Suit le traditionnel hommage à Léo Ferré avec "La solitude". Ferré, comme Béranger, fait partie des influences majeures de Frasiak (en ce qui concerne la chanson française) et il traite ici la composition dans un arrangement original où l'orgue et la trompette ont un rôle important, comme la guitare électrique de Jean-Pierre Fara qui se fend encore d'un solo inspiré. À ranger aux côtés de la reprise du "Paris-Lumière" de Béranger, deux titres dont on imagine aisément des versions scéniques s'étirant sur plus de vingt minutes.

On entre ensuite dans une trilogie pleine d'émotion. C'est d'abord "Le jardin de Papa", un jardin orphelin depuis octobre 2013, un bel hommage à un père qui doit être fier de celui qui chante "une des graines que t'a s'mées c'était moi". "44 tonnes", sur un ton plus léger, évoque le monde des routiers. Papa Frasiak était chauffeur mais la chanson est dédiée au frère d'Éric et aux routiers de l'Air Bleu, le restaurant que Romän tenait près du pont de Saint-Nazaire. "Je suis humain" est une chanson née de l'attentat de Charlie Hebdo. J'ai eu la chance d'en entendre la création lors d'un concert près de Nancy, quelques jours plus tard. La chanson a forcément évolué musicalement, les arrangements, avec cuivres et accordéon, changent l'habillage mais sans affaiblir le message: "Juste une plume trempée dans l'espoir d'un monde de fraternité".



"De l'amour, des fétiches" est comme une parenthèse, une évocation de la manière agressive dont la publicité déshabille les femmes. En 2012, il y avait eu "M. Boulot". En 2016 "Une ville de l'Est" est comme une sorte de bilan, d'inventaire lucide mais plein d'un espoir de ces cités autrefois pleines de vie et que la crise économique a frappées. C'est surtout un hommage à la dignité de ceux, autrefois migrants italiens ou polonais, qui restent attachés à ce qui est devenu leur terre, leur patrie.

"Sous mon chapeau" se finit par un feu d'artifice titré "Cuisine politique", une sorte de suite au "Magouille blues" de François Béranger. Le constat est dur et lucide. Tout le monde en prend pour son grade, l'humour est grinçant. Le titre s'étire sur près de sept minutes, chacun des impétrants est interpelé, la fin est assez déjantée, ce qui est heureux, c'est une dérision qui forme un rempart à un pessimisme excessif.

Ceux qui ont aimé "Chroniques" adoreront "Sous mon chapeau". Frasiak est resté lui-même, mélodiste et arrangeur hors-pair, interprète sensible qui sait nous parler avec des mots simples qui touchent chacun. Mais ce sont aussi des mots terribles et l'on a l'impression, pour employer une expression à la mode dans la cuisine politique la plus infâme, que la parole de Frasiak s'est décomplexée, pour la meilleure des causes, celle de l'humanité.

Ce disque va rester pendant des mois sur les platines de ceux qui viennent de l'acquérir. Pendant des mois, et davantage, il va nous livrer ses secrets les plus cachés, ceux que notre ami Éric, véritable artisan (au sens le plus noble du terme) de la chanson a mitonnés pour nous pendant quatre ans. "Sous mon chapeau" est désormais dans le domaine public et je ne doute pas que nombreux sont ceux qui vont se précipiter aux six coins de l'hexagone (et même au-delà, je sais qu'on l'espère aussi en Corse ou au Canada) pour le découvrir sur scène.