mardi 22 mai 2012

Bee Gees 1st (1967)

Paru dans Best of Crossroads "1960-1968 - 100 albums essentiels"


BEE GEES
Bee Gees' 1st
Polydor (Europe) Juillet 1967 / ATCO (USA) Août 1967

Lorsque les frères Gibb (Barry, 20 ans, et les jumeaux Maurice et Robin, 17 ans), débarquèrent en janvier 1967 pour conquérir Angleterre, leur pays natal, ils étaient loin de se douter de ce que l'avenir leur réservait. Les Bee Gees étaient célèbres en Australie où ils avaient publié onze singles et deux albums entre 1963 et 1966, tout en tenant la vedette de shows radio très populaires là-bas. 

Ces fans inconditionnels des Beatles (mais aussi des Beach Boys, de Ray Charles, d'Otis Redding et de l'écurie Stax), lassés des inévitables comparaisons, avaient vite fait évoluer leur style, délaissant les guitares électriques au profit d'orchestrations moins rock. Car leur domaine, c'était avant tout la mélodie. 

Un premier single, en avril, les révéla au monde ébahi. Ce « New York Mining Disater 1941 », inspiré par une catastrophe minière les mit en lumière, suscitant un grand intérêt des deux côtés de l'Atlantique. Bee Gees' First parut en juillet et démontra que le groupe n'était pas seulement une éphémère machine à tubes comme l'industrie musicale en produisait plusieurs chaque mois. C'était un véritable album, du niveau de Revolver, dans sa conception comme dans sa diversité (les deux albums bénéficiaient d'ailleurs d'un artwork du même Klaus Voorman. 


 Bien sûr, les détracteurs se firent très vite entendre. Pensez-donc! À l'époque où l'on ne pouvait pas aimer à la fois les Beatles et les Rolling Stones, il n'était pas de bon ton de s'écarter des sillons tracés par les maîtres. Et l'on comparaît inévitablement les prétendant à l'un ou l'autre. En la bonne France du gaullisme finissant, dans la presse "rock", on parlait au mieux de variété, au pire de guimauve. 

C'était là vraiment passer à côté de quelque chose de grand. Bien sûr, les Bee Gees n'étaient pas un groupe de rock et c'était là leur grand crime. Ils étaient des mélodistes exceptionnels, leurs textes teintés de surréalisme volaient largement au-dessus de la moyenne du genre (que l'on mesure le chemin parcouru depuis « The Three Kisses Of Love », leur premier single de 1963), leurs harmonies vocales, fraternelles, ne ressemblaient pas à ce que l'on pouvait entendre par ailleurs (sauf quand ils avaient envie de ressembler aux Fab Four), mais rien n'y faisait. Très vite, sous peine de perdre sa crédibilité "rock", il allait falloir (en France en tout cas) mépriser les frères Gibb. 

Mais revenons-en à l'album, car il s'agit d'un véritable album, pas d'une suite de tubes avec quelques morceaux en plus pour remplir. On sent les influences, les Beatles, bien sûr avec « In My Own Time », Otis Redding avec « One Minute Woman »; « Please Read Me » (avec la première apparition d'harmonies falsetto) a été, selon Barry, inspiré par Brian Wilson et interprété à la mode Beatles. Et puis il y a les monuments. Les singles « New York Mining Disaster 1941 », génial de simplicité, « Holiday », le premier slow, et « To Love Somebody ». Ce dernier titre avait été écrit à l'origine pour Otis (qui périt avant de l'enregistrer) et, s'il n'obtint qu'un succès modeste en Grande-Bretagne, il fut en revanche très populaire aux USA. C'est le titre le plus adapté des Bee Gees: on peut citer Janis Joplin, Nina Simone, Eric Burdon (avec les Animals), Gram Parsons (avec les Flying Burrito Brothers)… Excusez du peu. 


 J'évoquerai encore « I Can't See Nobody » et l'extraordinaire partie vocale de Robin ou « Every Christian Lion Hearted Man Will Show You » qui démarre par des chants grégoriens soulignés par une ligne de mellotron. Et quand l'album s'achève par « Close Another Door », on sait que le trio (avec ses deux acolytes Colin Petersen et Vince Melouney) vient en fait d'ouvrir en grand les portes d'un succès durable en même temps qu'il a popularisé, à la même époque que les Moody Blues, ce que l'on aurait pu appeler le prog-pop.

Sam Pierre

Post scriptum

"Bee Gees 1st" a bénéficié en 2006 d'une réédtion chez Rhino Records avec un nouveau package luxueux, un son superbe et un livret fourmillant de détails, de commentaires et de photos inédites.


Le contenu est également très riche, puisque "Bee Gees 1st" est ici présenté en double CD. Le premier disque reprend les 14 titres de l'album original, en versions stéréo et mono. Même si la chose n'est pas d'un intérêt primordial en apparence, l'auditeur attentif notera, entre les deux mixages, des différences qui méritent de s'y attarder.

Le second disque propose 14 titres supplémentaires, jamais publiés jusque-là, dont 5 totalement inédits, les autres étant des versions alternatives de certaines chansons de l'album (dont deux pour le hit "New York Mining Disaster 1941". Des morceaux comme "House Of Lords" ou "Mr. Wallor's Wailing Wall" sont d'un niveau qui leur aurait permis de figurer dans la sélection finale.


La légende était en marche. Près de quarante-cinq ans après sa parution, alors que Barry Gibb est désormais seul à porter le flambeau familial, j'invite ceux qui pensent que les Bee Gees étaient un groupe disco à découvrir "Bee Gees First" et tout ses trésors...

lundi 21 mai 2012

Bee Gees – Odessa (1969)

Chronique parue dans Xroads #16 (février 2009)




BEE GEES *****
Odessa (Special 40th Anniversary Edition)
Reprise : Rhino Records
Attention, chef d'œuvre!

Les frères Gibb tiennent une place à part dans ma relation avec la musique et Odessa est le disque avec lequel tout a vraiment commencé. Les Bee Gees avaient, depuis 1967, enchaîné tube sur tube sans jouir, en France du moins, de la réputation qu'ils méritaient: groupe pour minettes, tout juste bons à animer les booms du samedi soir, ils étaient méprisés dans notre pays. Dans le même temps, les Allemands les considéraient comme supérieurs aux Beatles et les Américains les classaient parmi les groupes underground. 

Pour beaucoup, ils ne sont remémorés aujourd'hui que comme un groupe disco alors qu'ils n'ont en fait amorcé vers 1976 qu'un virage funky récupéré par la fièvre du mouvement disco. Mais c'est une autre histoire. 

Revenons à l'été 1969. Neil Armstrong marche sur la lune, Jimi Hendrix met le feu à Woodstock et les Bee Gees explosent en plein vol, peu après la parution de leur grand œuvre: Odessa. Trop de succès, trop jeunes (à l'époque, les jumeaux Robin et Maurice n'ont pas 20 ans), des égos qui enflent et génèrent des conflits ingérables. Vince Melouney, le guitariste part "à l'amiable" pour divergences musicales (il a une sensiblité blues-rock alors que les frères Gibb veulent garder une orientation plus commerciale); Colin Petersen, le batteur, est débarqué sans ménagement. Bref clap de fin, provisoire. Et Odessa, le dernier grand album des sixties, même si peu le savent, tente de tracer sa voie, incompris.


40 ans après, cet album reçoit enfin le traitement qu'il mérite, grâce à Rhino Records (qui avait déjà soigné de la même façon les trois premiers albums du groupe). Un contenant digne de l'original (pochette en velours rouge et lettres d'or) avec un livret passionnant à feuilleter. Du contenu, on peut discuter. Rien à dire (si ce n'est du bien) sur le premier CD: c'est l'original (exhaustif, la version européenne disponible du CD faisait l'impasse sur un morceau orchestral), remastérisé, avec un son époustouflant. Le deuxième CD est plus discutable (pour moi, tout à fait dispensable): c'est le même disque en version mono. Quant au troisième, c'est évidemment celui qui ravira les fans. 23 titres: 16 des 17 originaux (seul manque « The British Opera ») sont présentés en versions alternatives (démo, alternate mix ou alternate version), presque toujours intéressantes. Je retiendrai surtout « Barbara Came To Stay », première version de « Edison », la démo de « Lamplight », sans l'introduction chantée en Français ("Allons viens encore chérie / J'attendrai an après an / Sous la lampe dans la vieille avenue"), la version vocale de « With All Nations (International Anthem) », la démo de « Black Diamond » qui nous montre bien comment un titre peut évoluer jusqu'à sa version finale. Et puis il y a les 2 vrais inédits, « Nobody's Someone » et « Pity », tous deux chantés par Barry, qui ne déparent pas l'ensemble. 



Mais revenons à l'album original qui confirme magistralement le savoir-faire et le talent de Barry, Robin & Maurice Gibb. On connaît leur sens de la mélodie, incomparable. On apprécie leurs harmonies à trois voix qui suscitent même l'admiration d'un expert tel que Brian Wilson. On ignore en revanche trop leurs qualités de lyricistes: les textes sont souvent originaux, tant dans les thèmes abordés que dans la forme, réellement poétiques, et jamais mièvres, même quand ils sont simples. Et avec Odessa, on découvre leur capacité à aborder des styles musicaux très différents. Des titres à la dimension épique, comme « Odessa (City On The Black Sea) » (plus de 7'30"), « Black Diamond »; des morceaux à la coloration country (« Give Your Best ») ou rock (« Marley Purt Drive ») et ces petits chefs d'œuvre d'harmonie et de mélodie que sont « Edison » ou « Melody Fair ». Je ne citerai pas tout. Il y a encore trois titres orchestraux, et puis le seul qui a eu l'honneur des hits, « First Of May », pas le meilleur choix, sans doute. Ce choix, non admis par Robin qui eut préféré qu'il portât sur "son" « Lamplight » rétrogradé en face B, précipita d'ailleurs le split du groupe. 

Quoi qu'il en soit, il n'est pas trop tard pour découvrir Odessa, loin du contexte qui a présidé à sa sortie originelle. Pour moi, ce disque mérite 5 étoiles (et même 6 si c'était possible). Si je ne lui en donne finalement que 4, c'est parce que son contenu est trop copieux: on n'est certes pas obligé d'écouter la version mono, mais son inclusion n'est pas neutre sur le prix, qui rebutera sans doute les non-inconditionnels du groupe, de ce superbe objet.

À classer près de Revolver, Aftermath, Arthur et Highway 61 Revisited, autres grands albums des sixties.

Sam Pierre

mardi 17 avril 2012

Le Cri du Coyote #128


Il est paru. Passionnant, comme d'habitude. L'interview de Christian Séguret est un petit monument. J'ai appris beaucoup sur ce Monsieur, un grand musicien que je connaissais surtout de réputation.

Dans "Disqu'Airs", parmi d'autres, mes chroniques: Chip Taylor, Steve Parry, Randy Thompson, Otis Gibbs, Indio Saravanja, Charlie Parr, The Far West, JD Fox & Sunset Travelers, David Rodriguez, Darrell Scott, Rachel Harrington, BettySoo & Doug Fox (aka Across The borderline), Jenai Huff, Katy Boyd (solo et avec Marty Atkinson).

Il n'y a jamais eu autant de bonne musique... ni de bonne lecture, pour les deux mois à venir...

Abonnement: 27 Euros pour 1 an / 6 numéros (32 euros pour les bienfaiteurs) par chèque à l'ordre de "Le Cri du Coyote"

Le Cri du Coyote
BP 48
26170 BUIS LES BARONNIES
cricoyote@orange.fr

jeudi 12 avril 2012

Joe Phillips, le Chat Sauvage de Massena, NY

Joe Phillips ou la réalité de l'Art

Qu'ont en commun Randy Burns, Mark Brine, Tom Rapp (Pearls Before Swine), Ed Askew, Carolyne Mas, Tim Robinson, R.C. O'Leary, Shane Murphy, Bop Tweedie, Gary Hall, John Schindler, Paul Hubert, Jerry Short, Forrest Harlow, John Coster, Scott Severin, Bill Chinnock, Steve "Turbo" Thompson, Christian Parker? Le talent, bien sûr. Mais par dessus-tout, ils sont les amis de Joe Phillips et ont vu leurs oeuvres publiées ou distibuées par le label WildCat Recording Company. (photo ci-dessous: Tim Robinson, Joe Phillips, Mark Brine).


Nous sommes loin des majors et de leur souci de rentabilité, de leur gigantisme déclinant. WildCat Records est une petite structure et sa raison d'être, "the reality of art", résume parfaitement l'attitude de Joe vis-à-vis de la musique et du business, deux notions bien éloignées à ses yeux. Joe est une espèce d'extraterrestre, quelqu'un à qui la musique n'apportera jamais la fortune, mais plutôt des soucis et des moments de découragement. L'amour de l'art, voici ce qui l'anime depuis bien longtemps, depuis qu'il officiait comme ingénieur du son du légendaire label ESP Disk où il a connu Tom Rapp, Randy Burns et Ed Askew, qui sont restés, depuis plus de quarante ans, ses amis. L'amitié est le deuxième moteur de Joe Phillips. Tous les artistes qu'il produit ou distribue sont ses amis, et ce n'est pas Randy Burns (à droite sur la photo ci-dessous) qui va me démentir.


Carolyne Mas pourrait également témoigner. Elle eut son heure de gloire (en Europe surtout) dans les années 80, fut surnommée la Bruce Springsteen en jupons, avant de cumuler des coups du sort qui l'ont mise dans de grandes difficultés financières. Qui est là pour l'aider, rééditer certains de ses enregistrements? Joe Phillips! Mais Joe est un maniaque, quelqu'un qui ne se contente pas de transférer les vieilles matrices sur un nouveau support. Il retravaille, remet l'ouvrage sur le métier jusqu'à ce qu'il obtienne le son qu'il juge parfait, la chaleur du vinyle, comme par exemple pour "The Vinyl Collection" de Carolyne, déjà un collector avant même d'être disponible en format physique. Une petite visite chez WildCat Records s'impose (et il est fortement recommandé d'y faire ses emplettes - satisfaction garantie).

Mais Joe Phillips est aussi un artiste à part entière, un singer-songwriter qui a mis sa carrière entre parentèses pour mieux se conacrer à la musique des autres. On peu le voir ici, armé de son autoharpe, en 1993.


Joe Phillips (c'est un pseudo) a des ancêtres français qui ont traversé l'Atlantique il y a quelques siècles, a vécu au Québec et garde en conséquence un amour certain pour notre petit pays. Sans atteindre la gloire internationale, il s'était fait une jolie réputation de performer dans les années 80 et 90, produisant par ailleurs quelques albums aujourd'hui évidemment introuvables. Seul "Postcard From Nashville" était disponible en téléchargement jusqu'au début du printemps.


Un bien beau disque, comportant onze compositions de Joe ainsi que "Running After Love" de Melanie Safka. Le disque est sous-titré "1985-2009" et cela illustre bien la façon de travailler de Joe Phillips. Je ne connais pas la version originale du disque, mais cette édition de 2009 est une véritable réussite.

Mais les amis de Joe en veulent plus (j'en fais partie) et ne cessent de lui réclamer de nouvelles rééditions. Ils ont enfin été (partiellement) entendus et, en ce mois de mars 2012, est apparu "Northern Towns", initialement publié au début des années 90, et grandement enrichi de titres bonus.


Et là je dis - et même j'écris - et je pèse mes mots: "attention, chef d'oeuvre"! "Northern Towns" est très différent de "Postcard", dique enregistré avec un petit groupe. Ici, Joe est pratiquement seul: un tambourin sur un titre, une basse sur un autre, un duo vocal sur un troisième. Le reste est 100% Joe Phillips, du moins pour l'interprétation car, pour la circonstance, Joe fait largement appel à d'autres songwriters, célèbres ou non: Tom Russell (le morceau titre est une de ses compositions que Tom n'a publiée que sur une obscure compilation), Bob Dylan Leonard Cohen, Neil Diamond, Elton John & Bernie Taupin, Bob McDill, Cormac McCarthy (not the writer), Barbara Keith et même Billie Holliday.

Au long des 17 plages, on découvre un interprète sensible, qui nous délivre un folk teinté de soul, profondémént original, qui se démarque sans difficulté des interprètes originaux.Écoutez par exemple ce qu'il fait sur "John Brown" de Bob Dylan. Plus qu'étonnant, captivant!

Les compositions originales ne sont pas en reste: "It Ain't Over", "China Wheel", "The Old Fishin' Hole" (en duo avec Alexander Delorenzo), "Survival" le prouvent. Et la version live de "Milltown Saturday Night", son morceau fétiche est absolument superbe.

Un petit mot sur la qualité sonore du CD qui démontre l'excellence de Joe Phillips quand il coiffe sa casquette d'ingénieur du son et de producteur. Le disque est simplement parfait, le son est chaud, c'est simplement l'ami Joe qui chante et joue à côté de vous, rien que pour vous. Un pur plaisir. À offrir, à s'offrir!

mardi 6 mars 2012

Bap Kennedy

La revanche du marin

J'ai découvert Bap Kennedy, songwriter irlandais, il y a peu de temps, un peu par hasard. Un son et une voix intéressants, des réminiscences de Bob Dylan, des accents d'Indio Saravanja, l'ami Argentino-Canadien.

Me plongeant dans sa biographie, j'ai découvert qu'il avait été leader du groupe Energy Orchard (rien qu'un nom pour moi à ce jour) et, surtout, que son premier album solo "Domestic Blues" (paru en 1998) avait été produit par The Twangtrust, c'est à dire Steve Earle et Ray Kennedy.


Je n'étais pas au bout de mes (bonnes) surprises puisque Steve Earle ne se contentait pas de produire, il jouait (et chantait) sur la plupart des morceaux comme ces autres géants américains que sont Peter Rowan et Jerry Douglas, mais aussi Nanci Griffith, Larry Atamanuik, Roy Huskey Jr. ou Nancy Blake. Tous les détails sur Wikipedia.

Une édition spéciale de cet album a été publiée au Royaume-Uni avec un visuel différent et deux titres bonus, sans oublier, en titre caché, une reprise un peu déjantée de "Dirty Old Town" d'Ewan MacColl par Bap Kennedy avec Steve Earle.



Pour son deuxième album solo, paru en 1999, Bap est retourné en Irlande, avec des musiciens locaux, mais est resté aux USA pour ce qui est de la musique dans la mesure où "Hillbilly Shakespeare" est entièrement consacré à des reprises de titres de Hank Williams.


Ce disque est une véritable réussite et une performance d'interprète.


Je saute quelques années, au cours desquelles Bap a publié quelques albums: "Lonely Street" (2000), "The Big Picture" (2005), "Howl On" (2009) pour arriver à l'hiver 2012 où l'artiste nous propose une oeuvre magnifique "The Sailor's Revenge".



Le disque, enregistré à Londres, est produit par Mark Knopfler et comporte onze titres, tous de la plume de Bap Kennedy qui confirme en beauté son statut de Dylan Irlandais.

Le casting est somptueux, jugez-en: Bap Kennedy (guitare acoustique et voix); Mark Knopfler (guitare acoustique, guitare électrique, harmonies); James Walbourne (guitare acoustique, guitare électrique, harmonies); Jerry Douglas (lap steel, Dobro); Guy Fletcher (orgue Hammond, ukulele, piano, harmonies); Michael McGoldrick (flute, cornemuse, sifflet); John McCusker (cittern, violon); Ian Thomas (batterie); Glenn Worf (basse électrique, contrebasse) avec la participation, sur un titre chacun de Richard Bennett (guitare électrique) et Brenda Kennedy (harmonies).

Une version "Limited Deluxe Edition" est paru avec un CD bonus comprenant onze titres qui retracent la carrière solo de Bap Kennedy.

Pour le plaisir des oreilles, une reprise de "Madame George" (illustrée par des images de Paris), chanson légendaire de Van Morrison, un autre illustre irlandais, avec qui Bap s'est parfois produit (notamment avec Energy Orchard) et avec qui il a écrit "Milky Way" que l'on retrouve sur le CD bonus de "The Sailor's Revenge"


samedi 25 février 2012

Mike Rimbaud, underground artist from Coney Island (2ème partie)

L'interview


Sam: Bonjour Mike. D'abord, qui es-tu? Tu te définis généralement comme un artiste underground. Qu'est-ce que cela signifie pour toi?
Mike: Underground siginifie ne pas être dans la tendance courante, cela veut dire que tu es en dehors du système, en marge. Je vis pour mon rock 'n' roll. Ma vie a eté celle d'un rock-poète et peintre underground, et rien de moins. Je vis ma vie comme un poème épique. Je ne me suis jamais trahi, je suis resté fidèle à ma vision originelle, je me bas pour survivre en marge, mais c'est la vie d'un vrai artiste, je suis à l'opposé d'une rock star riche et célèbre, je suis un artiste rock pauvre et inconnu. Je suis en dehors du système, j'ai été poussé là mais cela me rend plus fort et mieux placé pour observer le côté ridicule de notre système. Je n'ai pas fui, je n'ai pas abandonné, je continue à lutter. Je veux faire des chansons rock qui soient belles et puissantes. Je suis un rocker-songwriter poète-artiste qui fais de la musique seulement par passion de créer. Ma musique est la bande-son de ma vie et j'espère qu'elle peut inspirer les autres.

Sam: Tu es un chanteur-songwriter mais aussi un peintre de talent. Qu'est-ce qui est le plus important pour toi?
Mike: Les deux sont aussi importants pour moi, mais je suis d'abord un rocker.

Sam: Tu es New-Yorkais mais, vers 1990, tu as traversé l'océan pour vivre en France pendant quelques années. Pourquoi? Et pourquoi as-tu quitté la France?
Mike: Je voulais faire rocker la France comme Hendrix avait fait rocker le Royaume-Uni. J'ai en fait vécu à Paris pendant environ 2 ans et demi de 1991à 1993, c'est tout. J'ai fait quelques tournées en France après mon retour à New York, c'est peut-être pour cette raison que ça te paraît plus long. Quand je suis parti pour Paris, je pensais que c'était pour toujours, mais après une paire d'années, je manquais d'énergie et d'inspiration. Je venais aussi de subir une rupture difficile, alors j'ai rompu aussi avec Paris et je suis reparti pour New York City. C'est intéressant, quand j'ai quitté New York pour Paris en janvier1991, je venais aussi de terminer une relation avec une petite amie mais, en plus, je n'étais pas heureux que les USA s'engagent dans la guerre du Golfe. J'étais un expatrié à Paris comme Henry Miller avant moi, et fier de cela.

Sam: Tu as pris le pseudonyme de Rimbaud comme nom d'artiste. Pour quelle raison? Y a-t-il un rapport avec Thomas Miller qui est devenu Tom Verlaine?
Mike: J'avais juste 20ans, je pensais simplement que ça sonnait rock 'n' roll, c'esr tout, C'est très simple. J'aimais la façon dont le nom roulait sur la langue et j'aime toujours cela, c'est moi. Rien à voir avec Tom Verlaine, je ne le connaissais même pas à l'époque, il est d'une generation antérieure.

Sam: Tu as publié 3 albums sur des labels français: "Mutiny In The Subway" (1989), "Funeral" Lover" (1991), "Red Light" (1993). Ils ont eu un bon accueil en France. En a-t-il été de même dans ta terre natale?
Mike: Je suppose que les rares personnes qui les ont entendus les ont appréciés, mais je ne suis qu''un artiste underground ici, pas du tout connu. Je ne l'ai jamais été et ne le serai probablement jamais.

Sam: Elliott Murphy (qui est toujours une légende ici) a produit "Red Light". Comment l'as-tu rencontré? Le connaissais-tu avant, quand il vivait à New York?
Mike: Je l'avais seulement rencontré à l'occasion de quelques concerts à New York City et n'étais pas familier avec son travail à l'époque. Plus tard, nous avons fait quelques shows ensemble en France.


Sam: Après ton retour à NYC, tu n'as publié que 3 autres albums: "Graffiti Trees" (1997), "Beast Of Broadway" (2002) and "What Was I Thinking?" (2010). (il y a eu aussi un projet à part, "Dawn Town Project" avec CharlElie Couture). Étais-tu moins actif sur le front musical, ou était-ce une conséquence de la crise du disque?
Mike: Après “Graffiti Trees”, entre 1998 et 2002 j'ai enregistré pas mal de musique en collaboration avec mon ami Marc Billon, un compositeur de musique électronique de Paris. I quittais New York pour venir à Paris quelques fois par an, pendant une semaine ou deux, pour enregistrer dans son studio, j'apportais ma guitare et mes textes. Nous enregistrions dans un studio & New York aussi. Le projet était appelé “Adam Evening”. Nous avons enregiostrés environ 20 titres qui n'ont jamais été publiés. J'ai cherché une maison de disques, mais aucune n'a été intéressée, alors j'ai laissé tomber; c'est une honte, c'est différent de tout ce que j'ai fait. J'aimerais le publier un jour, mais j'ai peu de respect pour le business de la musique (qui n'a rien fait pour moi). Entre mon CD acoustique, “Beast of Broadway” qui a été écrit au Brésil et enregistré à New York en 2002, et “What Was I Thinking?” je me suis souvent produit dans les clubs de New York et j'ai écrit et enregistré pas mal de chansons. Je n'ai pas sorti de CD, parcque je n'étais pas sûr de la façon de le faire. Une grande partie de cette musique est devenue “What Was I Thinking?”.

Sam: 2010 a aussi vu la publication d'un coffret (une édition limitée à 1000 exemplaires – le mien est #0065), "An Underground Life in NYC" avec tous tes albums solo et quelques belles reproductions de tes peintures sur cartes postales? Était-ce important pour toi? Le coffret s'est-il bien vendu?
Mike: Pour les ventes, je ne sais pas, je n'en ai même pas vu de bilan récent, en fait, je n'en ai pas eu de retombées financières. "Bien vendre" n'est pas ma raison d'être. Je me concentre sur le fait de faire de la musique "importante", c'est tout. C'est le boulot du label de faire de la publivité et de vendre les CD, ce n'est pas le mien. Une grand compagnie peut même vendre des ordures si elle injecte assez d'argent, c'est pour ça qu'il y a tant de musique de merde un peu partout, il y a la force de l'argent derrière. Sans la publicité des majors, il est difficile d'être compétitif sur le marché. Ce n'est pas pour cela que je fais des disquess. Je suis heureux que quelqu'un soit intéressé par le coffret, bien sûr, mais ce n'était pas mon idée au départ.

Sam: Maintenant, un an plus tard, un nouvel album tité "Coney Island Wave" est publié uniquement en téléchargement. Je suppose qu'il y a des raisons financières à cela. Sera-il publié en disque "physique"?
Mike: Je n'ai pas l'intention de le sortir en CD, c'est plus simple pour l'artiste de le faire seulement en téléchargement aujourd'hui. Si une compagnie est prête à payer pour faire des CD, elle peut me contacter. Je veux simplement que ma voix soirt entendue, et mettre les MP3 en ligne est maintenant pour moi la meilleure façon de procéder.

Sam: Je sens que cet album est très important pour toi. Ai-je raison?
Mike: Oui, je sens très fortement que c'est un disque important et qu'il doit être écouté. C'est peut-être ce que les Stones ressentaient pour “Sticky Fingers” ou les Beatles pour “Sgt. Pepper's”. Je sais que que la musique a du pouvoir et peut générer des transformations.

Sam: Quand j'écoute ce nouvel album, j'entends un rocker qui écrit des folksongs. J'avais la même impression la première fois que j'ai écouté "Mutiny In The Subway" (même si, à lépoque, c'était en Avril 1990, je t'aurais sans doute qualifié de punk-rocker). Mais comment te vois-tu toi-même?
Mike: Je suis un punk rocker comme Joe Strummer pouvait l'être. Je suis politique et romantique, je crois à la révolution et à l'évolution et au rock 'n' roll.


Sam: Tu écris des chansons concises, avec des mélodies fortes et textes acérés. Tu chantes parfois comme un "jeune homme en colère" (allusion à "Angry Young Man" de Steve Earle). Tu refuses de te résigner. Mais, en dépit de la crise économique et sociale, la pire depuis des décennies, il y a de moins en moins de chanteurs protestataires ou traitant des thèmes d'actualité. Ou, du moins, on ne les entend pas. Comment expliques-tu ce fait?
Mike: Le contrôle corporatiste du business du disque, de la radio et de la télévision, ne veut pas que les gens entendent de la musique qui les fait réfléchir et entrer en action. Nous avons 2 guerres en cours, celle d'Afghanistan est la plus longue de l'histoire US et celle d'Irak est une erreur absolue. Il n'y a pourtant pas de musique protestatire du tout parmi ce qu'on entend couramment alors même que la plupart des Américains souhaitent la fin de ces guerres. Ce n'était pas la même chose pendant la guerre du Viet Nam dans les années 1960’s .

Sam: Dans quelques-unes de tes nouvelles chansons, tu parles de la situation en Amérique, du fossé toujours plus large entre les riches et les pauvres. As-tu envie d'en dire plus? (soit dit en passant, c'est la même chose en France)
Mike: C'est de pire en pire ici, les USA deviennent une république bananière avec les super riches et tous les autres qui luttent désepérément pour vivre au jour le jour, avec peu d'espoir de progresser. L'écart entre les riches et les pauvres est le plus large depuis la grande dépression des années 1930’s. À l'époque, Franklin Delano Roosevelt avait fait beaucoup pour aider l'économie avec des programmes créateurs d'emplois; de nos jours, le gouvernement ne fait à peu près rien et dans le déni quant à la gravité de la situation. Le gouvernment est corrompu par l'argnet des corporations, et les policticiens sont sous la coupe de ces corporations qui financent leurs campagnes. La majorité des mebre du Congrès est constituée de millionaires qui ne pourraient pas moins se soucier des familles de travailleurs et de leurs luttes. Les corporations (compagnies pétrolières, agences de communication, etc.) sont cosidérés comme des individus alors que les gens sont considérés comme des animaux nuisibles. Nous sommes devenus "The United Corporations of America".


Je me dresse pour la classe laborieuse et les pauvres. Il faut que nos voix soient entendues! Les rock stars multi-millionaires ne peuvent faire cela et ne le font pas.

… à suivre, peut-être…

PS: note for my English-only speaking friends, I'll post the original texts (in English) next week.

vendredi 24 février 2012

Mike Rimbaud, underground artist from Coney Island (1ère partie)

Préface

Mike Rimbaud (qui ne s'appelle pas plus Rimbaud que Tom Verlaine ne se nomme Verlaine) n'est pas un inconnu, surtout en France où il a vécu au début des années 1990, publiant 3 albums (le dernier produit par Elliott Murphy) avant que le mal du pays ne l'incite à regagner New York. Je vous en dirai un peu plus sur sa discographie mais en attendant, vous pouvez vous rendre sur son site.

Mike Rimbaud est un artiste underground et tient à cette appellation comme il l'explique dans l'interview qui sera prochainement publiée ici-même.

C'est un artiste, un vrai, un peintre, un poète, un rocker, qui a un haut niveau d'exigence envers lui-même comme envers les autres. C'est un rocker en colère, qui ne se reconnait pas dans l'évoulution de son Amérique. Comme Tom Pacheco, il refuse de ramper, de se plier à la dictature de la bien-pensance et du politquement correct. Un écorché vif qui se place aussi dans la lignée des topical singers folk qu'étaient par exemple Woody Guthrie ou Phil Ochs.

Le disque: CONEY ISLAND WAVE


Il y a plus de sept mois, Mike a produit cet album, disponible uniquement en téléchargement. J'avais recueilli dès cette époque ses commentaires sur chaque titre, ainsi qu'une interview destinée à être publiée. Xroads n'existant plus, j'ai proposé de donner les textes à deux magazines musicaux français qui ont une bonne diffusion. J'attends toujours les réponses à mes différents mails. Vous pouvez donc continuer à ne pas lire Rock & Folk et Rock First qui ne savent pas reconnaître la vraie valeur d'un artiste. La chanson "Got To Sell Yourself" peut leur être dédiée. Vous comprendrez pourquoi en lisant cet article.

Le disque (12 titres composés ou co-composés par Mike Rimbaud) a été enregistré en 2011 aux Cobble Stone Studios, à New York. Mike chante, joue toutes les parties de guitare, d'harmonica et de claviers. Il est accompagné par Kevin Tooley à la batterie, Andrea Pennisi aux percussions et Chris Fletcher à la basse.
C'est un disque brûlant, un brûlot en prise directe avec l'actualité qui dresse un constat lucide et sans concession de l'état de l'Amérique et du monde. Un disque plein de colère exprimé, mais pas sans espoir. Un album vers lequel je reviens régulièrement depuis ce jour de juillet où je l'ai découvert.

Voici la présentation de chacun des titres par Mike Rimbaud lui-même.

Don't You Love This City
Cette chanson parle de la difficulté de survivre, de vivre à New York aujourd'hui sous le règne d'un maire richissime, Michael Bloomberg. Tout devient trop cher, de véritables barons de l'immobilier poussent les pauvres et les classes laborieuses hors de la ville. Manhattan devient un grand hôtel pour riches.

Saving Up To Go Bankrupt
L'économie, aujourd'hui aux États unis, est dans sa pire situation depuis la Grande Dépression des années 30. Le taux de chômage est très élevé. Il n'y a d'espoir que pour les riches et le rêve américain n'existe plus que pendant le sommeil. Kevin Tooley est fantastique ici à la batterie. Il avait joué sur mon quatrième CD, "Graffitti Trees".



Unicorn
C'est une chanson sur la passion et l'amour, avec des références à la légende médiévale de la licorne.

Everyone Needs a Daddy
Je suis un père célibataire, divorcé avec 3 enfants. Comme l'indique le titre, je pense que chacun a besoin d'un papa.

Tears For The Rich and Famous
Il est ici question de l'injustice dans la société avec l'inégalité croissante entre les riches et les pauvres. C'est une société américaine ou seuls les riches ont les opportunités et le succès pendant que les pauvres souffrent et envoient leurs enfants à la guerre, seul job possible parce que l'éducation est trop chère. Les USA devraient être attentifs à ce qui s'est passé en Egypte car, si nous continuons dans cette direction, il y aura un jour une révolution ici aussi.

Dance With A Mermaid
L'action de cette chanson se situe sous la mer dans le royaume de Neptune. Beaucoup d'images comme la danse sur le Titanic ou les marées noires et la pollution. J'ai ajouté l'effet sonore du sonar d'un sous-marin et ainsi, lorsque vous écoutez la chanson, vous avez l'impression de voir l'action depuis un sous-marin.

Mama, Say Something Nice
Pendant qu'un homme fait la lessive, il pense à une histoire d'amour qui s'est mal terminée. Une chanson introspective et émouvante. J'aime vraiment la façon dont mes guitares interagissent ici.

Puppet Man
Les politiciens américains sont devenus les marionettes des grandes entreprises US. Ce n'est pas la volonté du peuple qui contrôle notre gouvernement mais l'argent des corporations.

Burning the Night Out Early
Tard, la nuit, un homme emmène une fille qu'il vient de rencontrer pour une balade sur une plage de Coney Island. Un décor romantique, une scène de séduction. Le titre est principalement instrumental, une jam avec le percussionniste Andrea Pennisi, compagnon des premières heures qui jouait déjà sur mon premier album, "Mutiny In The Subway".


Got to Sell Yourself
Ce titre évoque le fait de se vendre aujourd'hui en Amérique; chacun est encouragé à se prostituer en quelque sorte dans notre socié supercapitaliste. Il n'y a ni intégrité ni âme avec cette mentalité. Une personne est évaluée en fonction de ce qu'elle gagne et non de sa qualité. Ce qui est considéré comme "bon" est uniquement ce qui se vend. Si quelque chose, ne se vend pas pas, ce n'est pas bon. Alors il faut travailler encore plus durement à se vendre soi-même.

Put Your Facebook on The Shelf
Sans doute la chanson la plus poétique du CD. Un chanson de colère sur l'exploitation, les amis de Facebook, le manque d'intimité et la volonté des gens de rendre publics sur internet des aspects personnels et privés de leurs vies, ce qui est potentiellement dangereux.

Here Comes The Subway Sun
Une chanson optimiste depuis le métro, le souterrain. Il y a des références à la chute du World Trade Center et à la grande période noire de 2003. Avec un rythme rockabilly et de véritables bruits du métro ajoutés au mixage. C'est comme si on chevauchait le métro dans ce morceau. J'ai voulu en faire une chanson d'espérance, à la manière de "Here Comes The Sun" de George Harrison.

À vous de juger, maintenant...

Postface

Mike Rimbaud ne fait pas que chanter ses propres compositions, il lui arrive aussi de reprendre celles des autres. C'est ainsi que, récemment, il nous a proposé sur internet sa version de "Baby You're A Rich Man".

Quelques semaines avant, il avait publié "Can't Judge A Song By It's Cover". 8 reprises, rien que du lourd: Rolling Stones, Beatles, Bob Dylan, Phil Ochs, Antônio Carlos Jobim, Paul Desmond, Bruce Springsteen, Bob Marley! Pas mal, non?


Prochainement, l'interview...

lundi 13 février 2012

Un peu de pub

Possessed by Paul James à Reims

Concert Harold Martinez / Thee Verduns / Possessed by Paul James

« Possessed by Paul James chante les chansons les plus poignantes et inflammables du moment. » Stéphane Deschamps, Les Inrockuptibles. Juillet 2011. N°817

Hillgrass Bluebilly France présente en concert à Reims, le Mardi 21 Février 2012. L'appart café, 9 avenue de Laon, 51100 Reims. Entrée gratuite !

Harold Martinez (Folk/Blues) viendra défendre son prochain album « Bridmum », qui sortira le 6 Avril 2012. « ...un aperçu saisissant et très original : mélange de country plaintive, folk déjanté et blues obsessionnel...une réussite frappadingue portée par une voix habitée et une scansion incantatoire... »

Thee Verduns : Duo alt Country/ Blues foutraque.
Nos talentueux et sympathiques amis Metzois nous feront le plaisir de leur présence. Ils ont joué au Deep Blues Festival de Minneapolis, et Nicolas est également dessinateur (il a écrit une B.D narrant son voyage aux U.S.A et sa rencontre avec notre 3 ème homme du soir).

En Vedette Américaine : Possessed by Paul James
En pleine tournée des Nuits de l' Alligator, Possessed by Paul James a.k.a Konrad Wert sera là pour finir de mettre le feu dans la capitale mondiale du champagne, dans le chaudron de l'appart café.

Un concert 3 étoiles.

Le label Normandeep Blues Records sort un EP 6 titres de Possessed by Paul James « Live at Antone's », en édition limitée, qui sera disponible pendant les concerts de Possessed by Paul James lors du festival « Les Nuits de l' Alligator », ainsi que sur le site du distributeur http://www.nayatidreams.fr/

Prochaines sorties
« There Will be Nights when I'm lonely » Hillgrass Bluebilly Records. - Printemps 2012

Hillgrass Bluebilly France est la franchise hexagonale du tourneur/promoteur et label Hillgrass Bluebilly. Notre but est de contribuer à développer la scène Roots en France, en organisant des concert et en faisant la promotion d'artistes tels que Possessed by Paul James en Europe. Pour plus d'informations : Facebook.com/HillgrassBluebillyFrance.
E-mail : hillgrassbluebillyfrance@gmail.com

Contacts : Nicolas Miliani
hillgrassbluebillyfrance@gmail.com - - 06 75 73 78 38

vendredi 3 février 2012

Ceux-là sont pour nous

Tout beau, tout chaud

Il faudra être fort pour entrer dans mon top 10 de l'année 2012. Deux albums, parus en janvier, sont déjà assurés d'y figurer. Ils seront chroniqués dans "Le Cri du Coyote" #127 auquel je vous invite à vous reporter dès sa parution.


Le premier est un album hommage à Guy Clark, l'un des plus grands songwriters vivants (et l'un de mes favoris avecJohn Prine - ici présent dans un superbe duo avec Emmylou Harris).


http://www.guyclark.com/news.php

Pour des détails sur les titres repris (oui, il en manque sur ce double CD qui aurait pu être quadruple) et les artistes présents, il suffit de suivre le lien ci-dessus.


Le second est la nouvelle publication de Gretchen Peters, "Hello Cruel World", un disque d'une beauté sombre et prenante. À ne pas écouter d'une oreille distraite!


http://www.gretchenpeters.com/

Là encore, une visite sur le site s'impose. Vous y découvrirez notamment les textes et les notes se rapportant à chacun des titres de l'album.


Mais ce n'est pas tout, il y a aussi le nouvel album de la pétillante Anaïs Mitchell, "Young Man In America" qui vous surprendra et vous ravira.


Et Anaïs en a profité pour donner un lifting à son site web et c'est ici: http://anaismitchell.com/


Je n'oublierai pas Tom Pacheco, l'un des artistes les plus passionnants et les plus intègres de la scène américaine depuis plus de 40 ans. Son nouvel opus, "Luminol - The Houston Sessions", paru à l'automne 2011 ne fait pas exception à la règle.


À acheter, comme le reste de la discographie de Tom, sur son site: http://www.tompacheco.com/


Voici un aperçu de mes coups de coeur de ces dernières semaines, et la liste est loin d'être exhaustive...

jeudi 5 janvier 2012

Richard Gilly

Quatre disques jamais édités en CD


RICHARD GILLY (1971)


 1- Je ne suis pas un grand fermier (Richard Gilly)
 2- Le migrateur (Richard Gilly)
 3- Le voulez-vous (Richard Gilly)
 4- Meredith (Richard Gilly)
 5- Une nuit passée au nord de San Francisco (Richard Gilly)
 6- Mon navire blanc, ma goëlette (Richard Gilly)
 7- De l'amour (Richard Gilly)
 8- A mon père (Richard Gilly)
 9- La fille qui couche avec le vent (Richard Gilly)
10- Le naufragé (Richard Gilly)
11- La belle et son ombrelle (Richard Gilly)
12- De l'amour (reprise) (Richard Gilly)


LES FROIDES SAISONS... (1975)


 1- Les froides saisons (Richard Gilly)
 2- Ma Lady de Montargis (Richard Gilly)
 3- Eloïse (Richard Gilly)
 4- Les wagons bleus (Richard Gilly)
 5- Loi du 28 Mars 1882 (Richard Gilly)
 6- Maman lapin (Richard Gilly)
 7- L'appelé (Richard Gilly)
 8- La fille au rouge un peu sanguin (Richard Gilly)
 9- Donnez-moi un peu (Richard Gilly)
10- Une histoire de solitude (Richard Gilly)
11- Souviens-toi (Richard Gilly)
12- Quand tu partiras vers (Richard Gilly)


RICHARD GILLY (1977)


 1- Portrait de famille (Richard Gilly)
 2- Va lui dire que c'est une conne (Richard Gilly)
 3- Titanic (Richard Gilly)
 4- L'amour tranquille (Richard Gilly)
 5- Sang mêlé (Richard Gilly)
 6- Photographe (Richard Gilly)
 7- Enfant blue (Richard Gilly)
 8- Miss Bakelite (Richard Gilly)
 9- Garçon (Richard Gilly)
10- Les larmes du coeur (Richard Gilly)
11- Le militaire anglais (Richard Gilly)


RICHARD GILLY (1984)


 1- Râleur (Richard Gilly)
 2- Living (Richard Gilly)
 3- Blonde (Richard Gilly)
 4- Le coeur en laisse (Richard Gilly)
 5- Has been (Richard Gilly)
 6- Message pour mon fils (Richard Gilly)
 7- J'veux qu'tu restes (Richard Gilly)
 8- Navy détresse (Richard Gilly)
 9- Factice (Richard Gilly)
10- Douce Asiate (Richard Gilly)
 
 
 Et 2 CD "Collectors'


RÊVES D'ÉLÉPHANT (1993)


 1- Les poissons roses (Richard Gilly)
 2- Rousse de secours (Richard Gilly)
 3- Perdu en mère (Richard Gilly)
 4- Rêves d'éléphant (Richard Gilly)
 5- Made in Spain (Richard Gilly)
 6- J'oublie (Richard Gilly)
 7- Attends (Richard Gilly)
 8- Pakemkit (Richard Gilly)
 9- I love Paris (Richard Gilly)
10- Cap'tain (Richard Gilly)
11- Le dos de l'ange (Richard Gilly)
 
 
DES ANNÉES D'ORDINAIRE (2002)
 
 
1- Nouveau monde (Richard Gilly)
2- Autour de toi (Richard Gilly)
3- Dieu reconnaîtra Lucien (Richard Gilly)
4- Va Lui dire que c'est une conne (Richard Gilly)
5- Spanish (Richard Gilly)
6- Zuydcoote côte (Richard Gilly)
7- Lambda inconnu (Richard Gilly)
8- Blonde (Richard Gilly)
9- La vie au grand air (Richard Gilly)

mercredi 28 décembre 2011

Le Cri du Coyote #126

Il est paru pour Noël !!!



Le Cri du Coyote va célébrer son quart de siècle d'existence en janvier 2012. Pas mal pour ce fanzine qui ne s'est jamais pris pour un grand et qui, sous la direction de Jacques Brémond, entend bien poursuivre encore longtemps, sans vendre son âme, avec, pour avancer, un seul carburant, la passion.

Ce numéro 126 marque pour moi le début d'une collaboration que j'espère longue et enrichissante. Quatre petites chroniques, après une présentation, dans le numéro précédent, de "Hymns From Home", le sampler du label Hemifrån de l'ami Peter Holmstedt.

Les nominés de ce mois-ci sont, par ordre d'apparition dans la rubrique "Disqu'Airs":


Eric Taylor "Live At The Red Shack" (Cri du Cœur)



Boca Chica "Get Out Of Sin City"



John Prine "The Singing Mailman Delivers"



Brian Ledford & Cadillac Desert "From Sunlight Into Shadow"



Et bien sûr, toutes les rubriques habituelles sont présentes, du rock 'n' roll au bluegrass, du blues au zydeco, de la country du Texas à celle de l'Australie... À signaler en particulier un dossier de Jacques Brémond sur Amber Digby et un de Bernard Boyat sur Jack Scott. Deux belles découvertes pour moi!

J'en vois qui sont déjà prêts à se ruer vers les kiosques. Calmez-vous, "Le Cri" n'est disponible que sur abonnement, et c'est ici:

Le Cri du Coyote
BP 48
26170 BUIS LES BARONNIES
France
cricoyote@orange.fr
L'adhésion est de 27,00 € pour la France, 30,00 € pour l'étranger et 32,00 € pour les bienfaiteurs (à ce tarif, pourquoi s'en priver).

vendredi 18 novembre 2011

John Shannon - American Mystic Music

John Shannon & Wings Of Sound: Songs of the Desert River
ObliqSound / Creek Valley Records OSD-CD-CV902 (distribution Naïve)


On éprouve toujours besoin de coller des étiquettes sur les artistes. Par exemple, Gram Parsons était catalogué comme un chanteur country, alors qu'il faisait de la Cosmic American Music (selon ses propres termes). John Shannon, lui, est souvent classé comme un artiste folk, on le compare parfois à Tim Buckley, Nick Drake ou John Martyn. J'ai envie que l'on oublie toutes ces références et que l'on considère simplement qu'il fait de l'American Mystic Music (du titre de son premier album, "American Mystic" paru en 2008). Bien sûr, si l'on me pousse un peu, je dirai qu'une comparaison avec Tim Buckley, dans ses moments, les plus apaisés ne me choque pas, mais je n'irai pas plus loin. Et puis John Shannon est vivant, et cela fait une sacrée différence!

J'ai reçu une copie promo de ce disque en juin, le jour où j'apprenais la disparition de Xroads pour lequel je devais le chroniquer. Je l'ai écouté, distraitement, et puis je l'ai un peu oublié. Quand j'ai appris qu'il sortait fin octobre en distribution française chez Naïve, je l'ai recherché au milieu de piles de disques dont je ne parlerai jamais, et l'ai réécouté, parce que j'avais donné ma parole d'en faire une chronique. Et j'ai repensé à un éditorial de Christophe Goffette qui comparait la mal-écoute (musicale) à la mal-bouffe. Trop, trop vite, et sans beaucoup d'attention, c'est ainsi que l'on écoute la musique aujourd'hui, des "trop" qui se résument en un "pas assez". Trop de quantité, pas assez de qualité.

C'est toujours une erreur. Avec John Shannon, cela devient une faute. Parce que l'on écoute pas John Shannon & Wings Of Sound distraitement. Ce n'est pas un disque qui viendra à vous si vous ne le désirez pas. Alors un conseil, faites le vide autour de vous, et le silence surtout. Mettez un casque, de préférence, montez le son, mais pas trop, et écoutez "Songs of the Desert River".

Wings Of Sound, c'est le groupe de scène de John. On y rencontre Caroline McMahon aux voix, Dan Brantigan au flügelhorn (en Français le bugle, à ne pas confondre avec le bugle des Anglais qui est notre clairon), Garth Stephenson à la basse acoustique et Ziv Ravitz à la batterie discrète.

"Songs of the Desert River", c'est onze compositions de John Shannon, onze chansons qu'il nous délivre d'une voix tout en retenue, créant un un décor musical dans lequel il nous invite à prendre place. On prend ou on laisse, mais on ne pénètre pas dans l'univers de John Shannon sans au minimum un effort, celui d'entrer. Certains resteront à la porte, car c'est un disque difficile, un disque qui se mérite. Ce qui ne signifie pas qu'il est aride, bien au contraire, il dégage une véritable chaleur, un sentiment d'intimité qui fait que passé l'effort initial, on se sent chez soi.

Les mélodies sont ici remarquables, d'une fragilité qui fait que l'auditeur retient son souffle, chaque note semble comme suspendue à une invisible toile arachnéenne, la voix se livre rarement, ce qui la rend audible,  paradoxe apparent, imposant le silence et la qualité de l'écoute. Cette voix est claire et nette, elle habite réellement l'espace sonore, aidée en cela par les harmonies hantées de Caroline McMahon et le bugle nostalgique (c'est presque un pléonasme) et omniprésent de Dan Brantigan. La qualité de la production de Michele Locatelli n'est pas pour rien dans ce résultat.

Les titres eux-même donnent une idée de l'ambiance: "Darkness" (qui ouvre l'album et lui confère sa tonalité, celle d'une obscurité lumineuse), "Desert River", "Forever Is When", "Tell The Morning", "Into The Unknown". Les quarante-cinq minutes passent sans un seconde d'ennui, les mots sont simples et beaux, pleins d'une puissance évocatrice. Un morceau comme "Hurricane" est délivré de manière très paisible, dans un calme qui est celui de l'oeil du cyclone, et porte pourtant des images qui défilent devant nos yeux.

Calme et beauté, voilà deux mots qui résument parfaitement "Songs of the Desert River", un disque qui, au moins pendant quelque temps, ne laisse pas intact, un disque qui ne se livre pas totalement et garde une part de mystère qui s'estompera peut-être au fil des écoutes.

Alors je le répète, oubliez les préjugés, oubliez les comparaisons et les étiquettes, écoutez, tout simplement, mais écoutez vraiment.

mercredi 9 novembre 2011

Peter Knapp & Company - Carré d'As

Music Marketing Genius

Peter Knapp fait la promotion des artistes. C'est un génie du marketing musical (ce n'est pas moi qui le dis). Mais attention, c'est un bon génie, celui de la lampe merveilleuse des mille et une musiques. Avec lui, l'expression "Music Business" a un sens qui n'est pas péjoratif car Peter aime la musique et les artistes. J'avais déjà évoqué ici Emma Hill and her Gentlemen Callers et The Twilite Broadcasters. Je vais aujourd'hui vous présenter sommairement 4 autres disques, sur lesquels je reviendrai (sans doute) plus tard. Les voici, par ordre d'apparition dans ma boîte aux lettres...


Brian Ledford and the Cadillac Desert "From Sunlight Into Shadow"


Deuxième album de Brian Ledford, cette fois-ci avec son propre groupe, The Cadillac Desert. Quelques-un des meilleurs musiciens de la scène de Seattle sont au rendez-vous parmi lesquels le guitariste Matt Brown qui produit aussi l'album. Huit titres entre rock et country, qui plairont autant aux amateurs de Clash qu'à ceux des Flatlanders ou de Johnny Cash, nous emmènent dans un voyage musical où il est question d'amour et de rédemption, de trahison et de désespoir. À noter également la présence de Carla Torgenson, des Walkabouts.


Arty Hill "Another Lost Highway"


Arty Hill, entouré de ses Long Gone Daddys, n'est pas un nouveau venu mais c'est pour moi une belle découverte. Si vous cherchez quelqu'un qui sait préserver le côté traditionnel de la country music tout en y ajoutant une belle dose de modernité, si vous aimez le vrai honky-tonk (celui-qui se situe entre Johnny Cash - encore - et Jason Ringenberg), alors vous adorerez "Another Lost Highway", un disque qui fleure bon l'Amérique des grands espaces. À noter la présence émouvante, au dobro et à la lap steel, de Dave Giegerich, disparu en fin d'année 2010, pendant l'enregistrement.


The Steel Wheels "Live At Goose Creek"

 

Avec les Steel Wheels, on aborde un autre genre, qui va du blues au bluegrass, dans la tradition, finalement, des string-bands. Le groupe comporte quatre musiciens: Trent Wagler (voix, guitare, banjo), Jay Lapp (mandoline, guitares, voix), Brian Dickel (basse, voix) et Eric Brubaker (violon, voix). Après un album studio, le quatuor nous propose ici un enregistrement public dans lequel il donne sa pleine mesure. À leur sujet, on évoque des confrères comme les Avett Brothers, Old Crow Medicine Show, Gillian Welch, Darrell Scott. Ces références ne sont pas usurpées. La "musicienneté" du groupe est au top niveau et les compositions originales de Trent Wagler donnent à l'ensemble une dimension mélodique du meilleur aloi.


Boca Chica "Get Out Of Sin City"


Le titre de l'album fait penser à Gram Parsons, même si le "Sin City" de cet album n'a rien à voir avec celui des Burritos (en revanche, on retrouve une reprise de "Do Right Woman" qui figurait également au répertoire de ce groupe). Les chroniqueurs évoquent, à propos de Boca Chica une espèce de croisement entre Neil Young, tendance "Harvest", et Neko Case. Ce qui est certain, c'est qu'il se dégage de cet album une ambiance originale, au caractère hypnotique, qui envoûte rapidement l'auditeur. Le leader de ce groupe est une jeune femme, Hallie Pritts, qui compose huit des dix titres du disque. Pour l'anecdote, c'est Hallie qui m'avait fait découvrir Emma Hill dont elle était l'agent, il y a quelques mois, et je n'ai découvert qu'à la réception de ce "Get out Of Sin City", qu'lle était aussi une singer-songwriter de grand talent.


Ce carré d'as balaie la plus grande partie du spectre de ce qu'on appelle l'Americana. Chacun de ces albums est vivement conseillé, car le principal dénominateur commun en est une rare qualité. Laissez-vous tenter, le disque n'est pas mort, et l'on a ici une belle illustration du fait que, jamais sans doute, la production musicale n'a été aussi riche!

mardi 18 octobre 2011

John Prine - Flashback Blues

John Prine: The Singing Mailman Delivers


Un nouvel album de John Prine est un évènement, forcément. Même quand il a été enregistré il y a plus de 40 ans. Double disque, donc double joie à découvrir "The Singing Mailman Delivers".

Le premier CD a été enregistré en août 1970, John souhaitant à l'époque copyrighter les chansons qu'il interprétait sur scène, dans les studios d'une station de radio de Chicago (WFMT) a laquelle il avait donné une interview.

11 titres sont issus de cette session. 9 d'entre eux alimenteront les premiers albums de John chez Atlantic. Un autre ("Aw Heck") ne verra le jour que plus tard pour "Bruised Orange" et le dernier ("A Star, A Jewell, And A Hoax) restera inédit jusqu'à ce jour.

Quel plaisir de découvrir les premières versions de "Quiet Man", "Blue Umbrella" ou "Souvenirs"! Il y a encore "Hello In There", "Sam Stone" (intitulé alors "Great Society Conflict Veteran's Blues" - un titre digne des bootlegs de Dylan circa 1962), "Paradise", "Illegal Smile", "Flashback Blues", "The Frying Pan", "Sour Grapes".

Tout était déjà là. La maturité exceptionnelle de ce songwriter qui n'avait pas 24 ans étonne encore rétrospectivement.

Le second disque est un enregistrement public datant de novembre 1970, réalisé au 5th Peg de Chicago. John nous dit (expliquant par là-même le titre de l'album): "Je distribuais encore le courrier le jour et je chantais au Fifth Peg la nuit, trois fois par semaine". Il raconte aussi comment l'inspiration lui venait sur le chemin de ses tournées postales, par exemple en mangeant un sandwich dans un réduit où il s'abritait du vent glacial de Chicago.

Les treize titres de ce second disque nous montrent un John Prine qui aime déjà parler entre les chansons, comme il le fait encore en 2011. "Jusqu'à aujourd'hui, je parle toujours entre les chansons durant les concerts et je raconte beaucoup de versions différentes de ces histoires (toutes vraies!)".

Le répertoire est en partie le même que pour le disque studio (rappelons que "John Prine" - le premier album -  ne paraîtra qu'en octobre 1971 - c'est son quarantième anniversaire) avec quelques additions intéressantes dont un medley de Hank Williams: "Hey Good Lookin' / Jambalaya (On The Bayou)".

L'exhumation de ces trésors enfouis (retrouvés parce que Fiona, l'épouse de John, lui avait demandé de vider le garage avant un déménagement) est un vrai bonheur. Et cela même si les fans du facteur chantant en connaissaient déjà la plupart puisqu'un "Live At The 5th Peg" (improprement nommé) était trouvable en téléchargement (gratuit et parfaitement illégal) sur le net. Il combinait, dans la dernière version rencontrée, la totalité des titres enregistrés en studio et 7 des morceaux live.


vendredi 14 octobre 2011

The Lost Pines: Austin Bluegrass

The Lost Pines - Sweet Honey



Le Texas est véritablement un état étonnant, en perpétuel bouillonement musical, du blues de Lightnin' Hopkins au folk de Townes Van Zandt, du rock de Calvin Russell au Texas-swing de Bob Wills en passant par le Tex-Mex ou le jazz.

Aujourd'hui c'est un groupe d'Austin, là où tout se passe, qui a retenu mon attention. The Lost Pines est un combo qui évolue dans le domaine du bluegrass, un genre qui n'est pas le plus représenté dans le Lone Star State.

Le groupe s'est formé autour de deux chanteurs-songwriters, Talia Bryce (formerly Talia Sekons) et ChristianWard (qui jouent respectivement du banjo et de la guitare), et d'un guitariste, Marc Lionetti.

Ils ont produit en 2008 un premier album ,"Middle Of The Morning", plutôt dans la lignée de Gillian Welch & David Rawlings, avant de recruter Brian Durkin à la basse, Jon Kamppainen au violon (parfois tenu pas Shawn Dean sur le disque) et Alex Rueb à la mandoline.

Leur nouvel album traduit une nette évolution vers un bluegrass qui n'est ni vraiment traditionnel, ni vraiment newgrass. C'est tout simplement du Texas-bluegrass dont les membres du groupe ont sans doute écrit ici la définition.

Petite précision: acune des membres n'est originaires du Texas. Talia vient de Manhattan, Marc du New Jersey et Christian de Caroline du Nord. Mais ils ont si bien digéré les différentes influences locales, humant l'air ambiant les oreilles grandes ouvertes, qu'ils sonnent comme s'ils avaient grandi dans les faubourgs d'Austin, nous proposant un ensemble de compositions originales (7 de Christian et 7 de Talia) qui sonnent - déjà - comme des classiques du genre.

Détail d'importance: le disque est produit par le sorcier local Lloyd Maines (ce qui est un joli signe de reconnaissance, une forme d'adoubement) qui ajoute son dobro (pas de pedal steel sur l'album) sur deux titres.

Voici ce que Lloyd dit d'eux: "Les Lost Pines abordent le bluegrass d'une façon légèrement différente. Je ne peux pas décrire ce qui est différent chez eux, je sais seulement qu'ils ont développé leur propre son et que c'est grand de les écouter. J'aime cela".

C'est en tout cas pour moi la révélation bluegrass de l'année, un groupe à l'avenir radieux.